Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Acrimed
Wolters Kluwer, grand spécialiste de l’évasion fiscale et de la spoliation de ses salariés
Article mis en ligne le 25 novembre 2014

Le groupe de presse et d’édition Wolters Kluwer France (WKF) [1], filiale de la multinationale néerlandaise de l’édition Wolters Kluwer, que nous avons déjà évoquée à l’occasion d’une grève historique devra se défendre le 27 novembre prochain au TGI de Nanterre face aux syndicats qui réclament le retour aux salariés de leur participation aux bénéfices de l’entreprise, subtilisée en 2007 au cours d’une manœuvre d’évasion fiscale. Evasion fiscale dont la multinationale semble s’être fait une spécialité à une plus vaste échelle.

C’est donc en 2007 que Wolters Kluwer, à l’occasion de la fusion des huit sociétés qu’il a acquises en France, décide de se les racheter. Cette absurdité économique d’un rachat à soi-même n’a de signification que financière et fiscale, comme on va le voir. Pour régler la note, dont on peut facilement imaginer qu’elle a été fixée à l’amiable, WKF sollicite un prêt auprès de sa maison mère qui, sans surprise, le lui accorde : 445 millions d’euros. Ce prêt à soi-même est tout aussi absurde économiquement que l’achat à soi-même, mais il entre dans la même logique fiscalo-financière. Pour rembourser le prêt, assorti d’un taux d’intérêt conséquent, la filiale devra verser chaque année à sa maison mère quelque 30 millions d’euros pris sur ses bénéfices, et cela jusqu’en 2022. Deux dépréciations d’actifs viendront minorer le niveau de remboursement, mais depuis 2007 ce sont tout de même 95 millions d’euros qui ont été remboursés. Conséquences : ladite filiale ne fait aucun bénéfice en France, et échappe ainsi à l’impôt sur les sociétés (avant cette opération, elle payait 16 millions d’euros par an selon la CGT), mais continue de bénéficier des aides publiques à la presse. La maison mère de son côté peut déduire la somme prêtée de ses impôts, selon la loi des Pays Bas où se trouve son siège. Mais cet argent n’est pas perdu pour tout le monde. (...)

Dans le même domaine de l’évasion fiscale, dont elle semble s’être fait une spécialité, la société Wolters Kluwer, quatrième éditeur mondial en 2013, a acquis via sa filiale Corporate Trust Company, dans l’Etat américain du Delaware, notoire paradis fiscal, un immeuble accueillant plus de 280 000 boites à lettres de sociétés « off shore ». Elle héberge ainsi Google, Apple, Coca-cola, General Motors, Wall-Mart, Bank of America, et autres évadés fiscaux de par le monde [3], autant de témoins de moralité dont la firme pourra se prévaloir à l’audience du 27 novembre. (...)