Alors que les pays les plus riches cherchent à thésauriser, l’Organisation mondiale de la santé conteste la nécessité d’une troisième injection.
Tedros Adhanom Ghebreyesus ne déroge que rarement aux usages diplomatiques. Mardi, c’est pourtant sur un ton exaspéré que le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fustigé les pays les plus riches, désormais lancés dans une nouvelle course pour faire main basse sur plus de doses encore afin de pouvoir lancer leur programme de troisième injection de vaccin, alors que le reste du monde risque d’attendre bien longtemps avant d’escompter recevoir la première. « Si la solidarité ne fonctionne pas, il y a un mot pour expliquer la prolongation de l’agonie de ce monde, cette prise d’otage par le virus… c’est la cupidité, dénonce le docteur Tedros. Certains pays, certaines régions sont en train de commander des millions de doses de rappel tandis que d’autres n’ont pas pu vacciner leurs personnels soignants et les parties les plus vulnérables de leur population. »
En l’état, il faudrait 57 ans pour vacciner le monde entier (...)
La propagande des multinationales en faveur des « rappels vaccinaux » réguliers, lancée il y a quelques mois avec l’apparition des premiers variants, fonctionne à plein régime, et les grandes puissances s’arrachent les prochains stocks disponibles en signant de nouveaux accords commerciaux, toujours au plus grand bénéfice de Big Pharma. Or, selon Soumya Swaminathan, la cheffe scientifique de l’OMS, « il n’y a pas de preuve scientifique qui suggère qu’on a besoin d’injection de rappel ». En revanche, ce qui est sûr, c’est que le mécanisme international de partage des doses (Covax) ne dispose toujours pas des stocks nécessaires, loin de là…
Pour les membres de la coalition internationale The People’s Vaccine, la situation est, bien sûr, scandaleuse et intenable. (...)