
Malgré la guerre en Ukraine, la filière nucléaire française renforce ses liens avec le groupe nucléaire public russe Rosatom. Le Figaro a révélé mardi 8 mars qu’EDF pourrait céder à Rosatom 20 % de GEAST, filiale de GE Steam Power, l’entreprise de Belfort spécialisée dans la fabrication des turbines pour centrales nucléaires Arabelle. « Le pacte d’actionnaire entre EDF et Rosatom a déjà été validé entre les deux parties », lit-on dans le quotidien.
« Le retour d’Arabelle dans le giron français a été célébré par Emmanuel Macron lors d’une visite à Belfort le 10 février. Mais ni le chef de l’État ni le repreneur n’avaient évoqué alors l’arrivée prévue dans un second temps du spécialiste russe de l’atome civil », lit-on dans Le Figaro.
Pourquoi Rosatom s’intéresse-t-il à GEAST ? Selon le quotidien, l’usine de Belfort fournit à l’entreprise publique russe les turbines Arabelle, les alternateurs et les îlots conventionnels nécessaires à la construction de ses réacteurs VVR. Les commandes de Rosatom représentent ainsi la moitié du chiffre d’affaires de GEAST.
Quid des sanctions anti-russes ? (...)
Reste à savoir si la guerre en Ukraine compromettra cette participation russe au capital de l’entreprise française. Sans être fatales, des sanctions anti-russes dans le secteur du nucléaire seraient un coup dur pour GEAST et EDF. « Le plan de charge serait problématique pendant trois ou quatre ans, mais on pourrait par exemple accélérer le programme français de six EPR annoncé mi-février par le président Macron », a dit au Figaro une « source proche du dossier ». (...)
Selon Le Figaro, ces sanctions anti-russes auraient surtout des conséquences catastrophiques pour Rosatom. (...)
L’entreprise GEAST est un exemple parmi d’autres des nombreuses relations commerciales entre les filières nucléaires française et russe, comme l’a montré une note de l’ONG Greenpeace publiée jeudi 10 mars.