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Futura Sciences
Une nouvelle méthode de vaccination améliore la protection de façon spectaculaire
Article mis en ligne le 5 janvier 2020
dernière modification le 4 janvier 2020

Injecter le vaccin de la tuberculose directement dans le sang plutôt qu’en intradermique permet non seulement de prévenir la maladie, mais empêche aussi la bactérie de pénétrer dans l’organisme. Une avancée considérable quand on sait qu’un tiers de la population mondiale, même vaccinée, est infecté par la bactérie sous forme latente.

Et s’il suffisait de changer le mode d’administration d’un vaccin pour doper son efficacité ? C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs de l’université de Pittsburgh qui se sont intéressés au cas du BCG (Bacille de Calmette et Guérin). Mis au point dans les années 1920, ce vaccin contre la tuberculose est relativement efficace contre les formes graves de la maladie, notamment chez les jeunes enfants, mais il n’empêche pas l’infection par le bacille. Administré en sous-cutané, le vaccin contient une souche vivante atténuée de la bactérie Mycobacterium tuberculosis, ce qui entraîne la fabrication par l’organisme de lymphocytes T, mais en quantité insuffisante pour empêcher la bactérie de pénétrer dans les cellules. Selon une méta-étude de 2014, seules 27 % des personnes vaccinées sont protégées de l’infection, 71 % étant protégées contre la maladie.
Un tiers de la population mondiale infecté par la tuberculose latente (...)

En 2013, l’immunologiste Robert Seder, du National Institute of Health (NIH), l’organisme de recherche en santé du gouvernement américain, a découvert qu’administrer le vaccin contre la malaria directement en intraveineuse plutôt qu’en sous-cutané ou en intra-musculaire assurait une protection plus efficace et mieux tolérée. Avec ses collègues de l’université de Pittsburgh, il s’est donc demandé si la même approche pouvait être utilisée pour le BCG.

Pour le vérifier, les chercheurs ont testé cinq formulations de BCG chez 52 singes macaques, dont la réponse immunitaire au BCG est exactement identique à celle chez l’humain (...)

tous les singes non vaccinés ont développé la maladie sous une forme sévère. Chez tous les autres groupes, à l’exception de celui vacciné en intraveineuse, on observe également la propagation de la bactérie dans les poumons. À l’inverse, 6 des 10 singes vaccinés par intraveineuse ne montrent aucune présence du bacille dans leur organisme, et chez les 4 autres, la virulence de la maladie est bien inférieure. « Cela signifie que cette forme de vaccination prévient à la fois l’infection et la maladie », se félicite JoAnne Flynn, coauteur de l’étude parue dans Nature. (...)

« Cette découverte pourrait amener au développement d’un nouveau vaccin chez l’Homme et sauver des millions de vies », assure JoAnne Flynn. La tuberculose reste l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde, avec 10 millions de nouvelles infections chaque année et 1,5 million de décès. (...)