Chaque 14 juillet, c’est le même dilemme. Peut-on aller voir les feux d’artifice en toute innocence ? Les spectacles pyrotechniques sont régulièrement montrés du doigt pour les multiples pollutions qu’ils génèrent. Tiraillé entre envie d’émerveillement et conscience écologique, Reporterre fait le point sur ces festivités explosives.
1. L’étincelle qui met le feu aux forêts ?
Arles, Aubagne, Nîmes Alès… Dans le Sud, plusieurs dizaines de communes ont annulé leur feu d’artifice. En cause : le risque d’incendie. (...)
Plus au nord, en Touraine, la préfète d’Indre-et-Loire a prévenu qu’elle « [aurait] peut-être à limiter le nombre de feux d’artifice en lien avec le 14 juillet, car c’est un risque compte tenu de ces vents ».
Des annulations en pagaille qui peinent David Proteau, directeur artistique de l’entreprise Ruggieri (...)
2. Des explosions de particules fines
Lorsque les feux d’artifice explosent, ils libèrent des fumées, gaz, débris et particules qui se répandent dans l’air, l’eau et sur le sol. Autant de polluants qui peuvent ensuite se retrouver dans l’environnement comme dans nos poumons. (...)
Une étude américaine de 2015 publiée dans la revue Science Direct révélait une hausse de 42 % du niveau de particules fines dans l’air au cours de l’heure qui suit le feu d’artifice, le taux ne revenant à la normale que le lendemain. Selon l’Atmo, « si un seul feu d’artifice n’a pas de conséquences dévastatrices sur l’environnement, c’est la répétition de ces spectacles qui peut entraîner des contaminations importantes ». (...)
3. Pas d’enchantement pour les oiseaux
Comme le racontait Reporterre en 2021, ces spectacles sont éprouvants pour nos amis à plume. À chaque festivité pyrotechnique, des dizaines d’oiseaux succombent. Mais comment les feux d’artifice peuvent-ils provoquer pareils dégâts chez nos camarades ailés ? « Les fortes déflagrations, surtout quand elles sont soudaines, provoquent une augmentation du stress, du rythme cardiaque et de la vigilance des oiseaux », expliquait à Reporterre Jean-Marc Pons, ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), décrivant des réactions de panique, des collisions ou des abandons de nid, avec les oisillons dedans. (...)
Va-t-on vers la fin de ces spectacles détonants ? « Non, répond sans hésiter le pyrotechnicien, ça fait trop partie de notre culture. Je pense que l’artifice a de l’avenir, à condition que la profession se remette en cause. »