Etrangers en demande de titre de séjour et employés chargés de les recevoir à la préfecture de Seine Saint Denis ont résisté "à la tunisienne" à la mainmise des forces de l’ordre sur la démarche administrative. Récit de la fin prématurée d’une expérience préfectorale de gestion de l’invasion.
jeudi,la manipulation a rencontré sa limite : le refus tranquille de l’humiliation des uns et des autres. Témoignages recueillis vendredi matin.(...)
A ce moment-là, en silence, ils se sont tous assis au milieu de la salle. Les flics se sont approchés et un type s’est mis debout et a expliqué, d’une voix faite pour être entendue de tous, mais sans hurler, ce qui se passait : « Messieurs de la police, ici nous ne sommes pas en Tunisie et vous n’êtes pas au service de Ben Ali. Nous sommes venus pour nos papiers, pour qu’on nous donne un imprimé et un rendez-vous et nous ne partirons pas d’ici sans cela ! »
Des flics se sont approchés de lui, mais à ce moment-là tout le groupe s’est accroupi en regardant les flics et en grondant. Les flics ont attendu, ont téléphoné ; ils sont restés un long moment et, d’un seul coup ils ont quitté la salle, sous les applaudissements de toute la foule !" (...)
"Et vous (les employés de la préfecture), qu’avez-vous fait ?"
Elle, toute fière : "On a fait comme eux ! Le colonel est venu nous dire de reprendre le travail, on a répondu qu’on n’obéissait pas à la police et qu’on n’avait pas d’étoile jaune !"
"Et alors ?"
Elle, de plus en plus fière : "A un moment, on s’est décidés, on a ouvert TOUS LES GUICHETS et depuis on distribue les imprimés et on donne les rendez-vous à TOUT LE MONDE !"
"Et les flics ?" Il en est juste resté une petite poignée à la porte 1."
"Plus entendu parler (...)