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Slate.fr
Tintin, kidnappé par l’extrême droite
Article mis en ligne le 17 août 2020
dernière modification le 16 août 2020

C’est sûrement l’un des héros de bandes dessinées les plus célèbres et populaires dans l’Hexagone : Tintin, jeune reporter belge, plaît à toutes et à tous, et particulièrement aux communautés en ligne d’extrême droite.

Ces dernières n’hésitent pas depuis peu à s’approprier l’image du globe-trotter à la mèche blonde, en détournant les célèbres albums d’Hergé pour les transformer en mèmes racistes sur les réseaux sociaux, dont Twitter.

Ainsi, sur le web, la première de couverture de L’Affaire Tournesol devient L’Affaire Faurisson, où le négationniste Robert Faurisson se tient proche de Dieudonné, qui remplace Tintin, et du capitaine Haddock, remplacé par un autre négationniste, Paul-Eric Blanrue.

Par ailleurs, d’autres couvertures sont également détournées pour illustrer la théorie du grand remplacement. (...)

En ligne, sur les pages d’extrême droite, une image revient souvent, explique Wired : on y voit un bateau de migrant·es africain·es traversant la Méditerranée, avec pour titre Le Congo vient chez Tintin. (...)

Tintin est facilement adaptable, tant d’un point de vue psychologique que technique. « Tintin est creux, sans profil psychologique ; vous pouvez facilement lui attacher tout ce que vous voulez », explique au média américain Vincent Bernière, directeur de la revue Les Cahiers de la BD. « L’extrême droite française n’a pas pu s’empêcher de le remarquer ».

Tintin est aussi aisément utilisable sous forme de mèmes, dont la plupart relèvent de l’humour et non du racisme. « La ligne claire d’Hergé permet de faire des montages, détournements et incrustations très rapidement. [...] Ça joue énormément dans le succès des mèmes avec Tintin, car ça permet de faire un détournement très rapidement et de rebondir sur l’actualité », explique à Numerama un mèmeur français.

Enfin, l’histoire d’Hergé, accusé de collaboration avec les nazis et auteur de dessins antisémites, sous couvert de caricature, peut expliquer l’intérêt que portent ces groupes d’extrême droite au travail de l’auteur belge, selon Le Point.