Les dizaines de sillons d’un vaste champ labouré des hauts plateaux boliviens sont désespérément vides.
Le gel et la sécheresse ont eu raison des plants de pommes de terre dans cette région affectée par le changement climatique.
Comme de nombreux agriculteurs de l’ethnie amérindienne aymara de la région, Cristobal Pongo a consacré sa vie à la culture du tubercule.
"Notre revenu se résume aux pommes de terre. Nous récoltons, nous vendons... C’est notre moyen de subsistance, celui de notre famille, pour que nos enfants puissent étudier"
(...) La pénurie a multiplié par jusqu’à sept le prix du tubercule, qui se vend à près de deux dollars le kilo sur certains marchés du pays où la pauvreté touchait 36% de la population en 2021, selon des données officielles.
Des pluies tardives et des gelées estivales ont eu raison des récoltes, ce qui, selon les experts, n’est pas dû au hasard.
"Les hauts plateaux, tout particulièrement, sont vulnérables aux changements (climatiques) et ces changements sont en train de se manifester aujourd’hui : il y a un déficit pluviométrique", prévient Luis Blacutt, expert en physique atmosphérique à l’Université Mayor de San Andrés. (...)
Ce retard a également fait des ravages dans la région andine du Pérou voisin (...)
En 2010 déjà, une étude de la revue Annals of the Association of American Geographers avait alerté sur le fait que "les changements climatiques dans les hauts plateaux pourraient avoir de graves conséquences sur la gestion de l’eau et de l’agriculture indigène".
Une autre étude publiée en 2019 par Frontiers in Environmental Science "confirme l’influence du dérèglement climatique d’origine humaine (...)sur les changements négatifs dans les précipitations sur les hauts plateaux au cours des dernières décennies". (...)