Oui, une sixième extinction de masse est en cours ; oui, des centaines d’espèces animales sont rayées de la carte à un rythme alarmant en raison de l’activité humaine ; et non, cet état de fait - tout comme le dérèglement climatique - n’est pas sujet à débat.
C’est ce que martèle une équipe de recherche internationale dans une étude parue mi-janvier dans la revue « Biological Reviews ».
Car ces chercheurs se sont aperçus, atterrés, que ce constat était encore remis en cause. (...)
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(...) Les estimations actuelles suggèrent un taux contemporain d’extinction 100 à 1000 fois supérieur au taux de fond naturel et confirme que nous sommes en train de vivre une sixième extinction de masse de la biodiversité. Entre déni et scepticisme la sixième extinction de masse de la biodiversité est souvent perçue par le grand public et par certains scientifiques comme une menace hypothétique pointée du doigt au même titre que le réchauffement climatique, qui peine encore à être accepté comme un risque réel et bien présent. Un article paru en ce début d’année 2022, co-rédigé par R.H. Cowie, P.Bouchet et B.Fontaine, fait le point sur la crise de la biodiversité.
Pourquoi cette sixième extinction est-elle contestée, parfois par la communauté scientifique même ?
L’annonce de l’atteinte d’un tournant dans l’histoire de notre Terre, angoisse et paralyse. Deux arguments principaux sont mis en avant par les détracteurs de cette réalité. (...)
Quels résultats obtenons-nous ?
Le calcul du taux d’extinction global en considérant les mollusques comme représentatifs du taux d’extinction des invertébrés, mènent aux constats suivants :
- Il y a eu en 500 ans (depuis 1500), 150 000 à 260 000 extinctions toutes espèces confondues (animales et végétales) sur environ 2 millions d’espèces existantes.
- Autrement dit 7,5 à 13% des 2 millions d’espèces se sont éteintes contre les 0,04% (882 espèces) estimés par l’UICN (2020). Soit 187,5 à 325 fois plus d’espèces éteintes que les estimations de l’UICN.
Pourquoi agir ?
Notre planète Terre est passée par 5 phénomènes d’extinction massive depuis le Cambrien et abrite aujourd’hui encore une diversité d’êtres vivants fascinants et inconnus qui persisteront après notre mort. Cependant, ces phénomènes, qui eurent lieu au cours des temps géologiques, furent des conséquences de catastrophes climatiques diverses. L’extinction dont nous parlons actuellement n’est engendrée que par les seules activités humaines. L’Homme est l’unique espèce capable de modifier à son profit et à grande échelle la Terre. Notre espèce est responsable de la crise écologique actuelle et a pour devoir moral d’agir.
Par où commencer ? (...)