« 60 ans après la proclamation de l’indépendance, le Maroc est resté dépendant et soumis à la volonté des institutions impériales mondiales »
En introduction, les auteurs et autrices, abordent entre autres, les programmes d’ajustement structurel, les accords de libre-échange, la destruction du tissu productif local, le pillage des richesses, la destruction de l’environnement, le bilan économique et social des politiques libérales et son impact particulier sur « les pauvres et particulièrement sur les femmes », les encouragements à l’« esprit d’entreprise », la stimulation des micro-entreprises, l’« initiative nationale de développement humain »… (...)
« Pour étudier d’une manière significative les résultats de ces programmes de « développement », nous analyserons,dans cette étude, le modèle des microcrédits, qui a été adopté par l’État depuis le milieu des années 90, et qui a été encouragé par des financements publics »
Ils et elles (iels) présentent le secteur de la micro-finance, les montants prêtés et leurs objets, les taux d’intérêts pratiqués, les « bénéficiaires » ou les cibles, « Ce type de crédits cible pour une grande part les femmes, les plus démunies en termes de ressources et les plus touchées par la privatisation des services publics d’une part, et parce qu’elles travaillent fréquemment dans de petites activités productives à faible rentabilité », la contribution de l’Etat (dont les modifications du cadre juridique et réglementaire), la rentabilité forte de cette activité, les difficultés de remboursement, le mouvement des victimes des microcrédits à Ouarzazate en 2011, la fausseté de l’objectif déclaré des institutions de la microfinance…
« La présente étude entre par conséquent dans le cadre d’efforts continus de l’association ATTAC CADTM Maroc et d’un travail de recherche et d’analyse visant à établir une connaissance plus approfondie sur ce sujet. (...)
Cette étude constitue pour l’Association ATTAC Maroc, qui est membre du réseau international du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes, un outil lui permettant d’affiner ses arguments sur la question de la microfinance, et de montrer que les microcrédits n’ont pas été mis en œuvre pour lutter contre la pauvreté, mais pour élargir l’assiette du capital financier par la confiscation des avoirs des masses paupérisées en vue d’élargir ses bénéfices. » (...)
derrière les taux d’intérêt mensuel, se cachent des taux effectifs annuels de l’ordre de 30% relevant plus de l’usure et de l’accaparement – ou de la spoliation – que de simples opérations financières. (...)
J’ai aussi été intéressé par le bilan de la microfinance au Maroc, le financement par la majorité pauvre de la minorité riche, la financiarisation de la microfinance, le rôle des institutions financières internationales, la revendication d’annulation des dettes, les alternatives pour réduire réellement la pauvreté et les inégalités (dont par exemple, un régime de protection sociale assurant un revenu minimum à toutes les catégories qui sont dans une situation de pauvreté absolue, le développement des cultures de subsistance visant à répondre aux besoins alimentaires du marché intérieur, une véritable politique de souveraineté alimentaire, la dénonciation des accords de partenariats et de libre-échange, l’annulation des programmes d’ajustement structurel, la création d’un service public de crédit : épargne/investissement, l’annulation de la dette publique illégale et illégitime…)
Il me semble important que les réalités des politiques de microfinance soient largement discutées, que la chaine des causes et des conséquences soit analysée, que cet outil de pénétration des institutions financières dans les milieux les plus démunis soit mis à nu. (...)