Ils sont trop forts les économistes proches du pouvoir. Pas un qui n’ait fait son mantra du triptyque réformes structurelles, baisse du coût du travail et compétitivité. Pour le meilleur des mondes sociaux, on ne compte plus les pactes : pacte pour l’emploi, pacte budgétaire, pacte de compétitivité, pacte de responsabilité, et je dois en oublier. Tous, des pactes faustiens. La gauche a vendu son âme pour avoir le droit de gouverner, c’est-à-dire, dans son cas, d’échouer. Donc, pour quoi ? Pour rien. Et pourquoi ?
Question à trois économistes « de gauche » : que signifie « changer de modèle » s’il s’agit de passer d’un modèle néolibéral à un modèle encore plus néolibéral ? Approuvant le projet Valls, Aghion, Cette et Cohen insistent pour « assouplir un code du travail dont la lourdeur, la complexité et l’homogénéité sont devenus des obstacles à la mobilité sociale et à la croissance innovante »[1]. Depuis quand la faible mobilité sociale est-elle due à l’homogénéité du droit du travail ? Que serait un droit du travail disparate ? Du non-droit.
Question aux « Gracques, de gauche » : qui paiera les 50 milliards de baisses des dépenses publiques ? Après avoir alourdi la fiscalité indirecte, le gouvernement va baisser les cotisations sociales qui seront compensées par des restrictions de services publics et de protection sociale. Est-ce un « effort modéré de rigueur »[2] ?
Question au patron du Medef : quelle différence y a-t-il entre un Smic inférieur pour les jeunes, complétée par une allocation versée par l’État, « de type RSA », et une subvention à l’embauche versée aux entreprises ? Et jusqu’à quel niveau faudrait-il que la collectivité paie les entreprises pour qu’elles embauchent ? Jusqu’au salaire zéro ? C’est-à-dire, comme l’a fait remarquer Parisot qui tourne sur tous les plateaux de télévision, jusqu’à rétablir l’esclavage ?[3] (...)