Le sujet est correctement documenté, le temps de l’action est arrivé. C’est, en substance, le message que délivre l’Institut de veille sanitaire (InVS) à propos de la pollution atmosphérique en milieu urbain. Publié en début de semaine, son Bulletin épidémiologique hebdomadaire y est tout entier consacré.
« Les preuves des effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé se sont multipliées ces dix dernières années », insiste l’éditorial. « Près de deux ans d’espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes les plus polluées d’Europe si la pollution était ramenée aux niveaux préconisés » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), poursuit-il. À l’appui de cette affirmation, on trouve notamment les conclusions de l’étude européenne Aphekom, qui avait fait grand bruit à la fin de l’été dernier. (...)
L’État entendra-t-il les scientifiques ? En avril 2011, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’Environnement, avait esquissé la mise en place de « Zapa », des zones d’actions prioritaires pour l’air, qui auraient été interdites aux véhicules les plus polluants. L’expérience, à laquelle Bordeaux était censée se joindre, a été remise à plus tard. Dans l’intervalle, l’État a mis sur le métier des « plans de protection de l’atmosphère » (PPA). Le préfet de la Gironde a signé l’arrêté d’approbation du PPA du Grand Bordeaux le 17 décembre dernier. Les travaux pratiques restent à inventer. (...)