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Point de vue partisan sur le livre de Gabriel Zucman, résumé et critiques : « La richesse cachée des Nations, enquête sur les paradis fiscaux
Le Seuil, La République des idées 2013, prix =11,80€
Article mis en ligne le 14 janvier 2014
dernière modification le 9 janvier 2014

Ce livre |1| court (115 pages) est particulièrement intéressant pour les informations qu’il contient et pour les débats qu’il ouvre avec ses propositions.

L’auteur
Gabriel Zucman est un jeune économiste (27 ans) qui enseigne à la London School Economy et est chercheur à l’université de Berkeley. Il travaille en lien avec Thomas Piketty. (...)

L’auteur a réuni et agrégé pendant 4 ans une multitude de données issues de sites officiels : investissements internationaux des pays, balance des paiements, bilans des banques et de leurs positions hors bilan, la fortune et le revenu des nations, les comptes des sociétés multinationales et les archives des établissements suisses. Ces données, dont certaines n’ont jamais été rapprochées, sont réunies sur le site de l’auteur :
www.gabriel-zucman.eu/riches... (il est joint un fichier Excel à cet article)

Pour déterminer l’ampleur de la fraude, Gabriel Zucman s’est intéressé uniquement à la fortune financière (les titres financiers) excluant la propriété des biens (îlots, yachts, chalets en Suisse, œuvres d’art, etc.) ainsi que la valeur des billets de banque détenus dans les coffres en Suisse ou aux îles Caïmans. (...)

Gabriel Zucman estime ainsi à 8% la part du patrimoine mondial des ménages caché dans les paradis fiscaux (12% pour l’UE). L’Europe est la plus touchée par l’évasion fiscale.
Le coût de la fraude permise par le secret bancaire s’élève par an à 50 milliards d’euros pour 2013 en Europe, dont 17 rien que pour la France (...)

si les flux financiers provenant des pays du Sud vers ceux du Nord sont aujourd’hui encore très largement supérieurs à ceux circulant du Nord vers le Sud, c’est grâce aux véhicules que constituent les paradis fiscaux pour les multinationales extractivistes comme Bolloré, Areva, Total, Bouygues et consorts.

Ce qu’on appelle les « biens mal acquis » (produits directs des dettes odieuses et de la corruption) trouvent aujourd’hui au sein des banques suisses, un réceptacle confortable pour perpétuer le néocolonialisme dans les pays du Sud de la planète, protégé et encouragé par les États dominants de la planète.

Ce à quoi nous devons nous atteler aujourd’hui, c’est à une stratégie de transformation radicale de ce monde (au sens de s’en prendre à ses « racines »), portée par une mobilisation sociale, transnationale elle aussi.

Dans chaque pays, à l’échelle continentale et mondiale, lutter contre les créances odieuses, les dettes illégitimes, les plans d’ajustement structurels et les plans d’austérité sont un même combat qui va de pair avec celui de l’éradication des paradis fiscaux et l’évasion fiscale.