Constat terrible : une analyse menée dans des pays affectés par le paludisme a montré qu’un grand nombre de médicaments contre la parasitose étaient inefficaces, mal emballés voire contrefaits ! Une situation dramatique qui d’une part limite l’efficacité des traitements et qui d’autre part favorise la résistance aux médicaments du Plasmodium, le responsable de la maladie.
Affolant, ahurissant, inquiétant, dramatique, scandaleux… Chacun est libre de choisir le qualificatif qui convient le mieux à la situation. Des scientifiques de l’Institut national de la santé américain viennent de publier dans les colonnes de The Lancet Infectious Disease une étude qui révèle qu’entre 20 et 46 % des traitements antipaludiques distribués en Asie du Sud-Est ou en Afrique subsaharienne, principales victimes de la malaria, sont de faible qualité, voire parfois inefficaces puisque certains ne contiennent aucun principe actif. (...)
L’étude a récupéré des données émanant de sept pays asiatiques et vingt-et-un pays africains. Sur les différents échantillons prélevés, plus d’un tiers des médicaments étaient de mauvaise qualité
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Enfin, une quantité non négligeable des traitements consistaient en des contrefaçons, avec un emballage proche des originaux mais un mauvais principe actif, voire aucun. C’est au total environ un tiers des médicaments antipaludiques qui sont à jeter. (...)
Les auteurs de cette étude craignent que ces résultats, déjà bien inquiétants, ne soient que la partie émergée de l’iceberg. Ils supposent en effet que tous les cas constatés n’ont pas été reportés ou que les laboratoires pharmaceutiques ont gardé une partie de leurs résultats confidentiels.
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Reste à expliquer pourquoi on en est arrivé là. Les scientifiques y voient plusieurs raisons
D’abord, ils déplorent un manque de connaissances de la part des patients mais aussi d’une bonne partie du personnel médical de ces contrées.
Deuxièmement, la surveillance semble insuffisante et la répression pour les personnes à l’origine des contrefaçons ne serait pas assez sévère. Selon eux, « la production et la distribution de médicaments antipaludiques contrefaits devraient être considérées comme un crime contre l’humanité ».
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