Effets secondaires ? Dangerosité ? Efficacité contre les variants ? De nombreuses interrogations nourrissent l’hésitation vaccinale. Pour démêler le vrai du faux, dix points basés sur les dernières études scientifiques.
1. On ne sait pas ce que contiennent les vaccins
Faux La composition des sérums est parfaitement connue. Le principe actif des vaccins développés par Pfizer/BioNTech et Moderna est l’ARN messager : du fait de sa relative nouveauté, cette technologie dite des « vaccins à acides nucléiques » suscite des questions et des craintes. De quoi parle-t-on exactement ? (...)
2. Les vaccins à ARN messager modifient notre patrimoine génétique
Faux « L’ARN messager n’est pas capable de s’insérer dans le noyau des cellules et n’entre pas en contact avec l’ADN (les molécules porteuses du patrimoine génétique – NDLR). En aucun cas, il ne peut modifier notre génome », insiste Dominique Deplanque, professeur de pharmacologie médicale au centre d’investigation clinique du CHU de Lille. En outre, « la présence de cet ARN messager dans l’organisme est très fugace, il disparaît rapidement après son injection ». Il produit juste ce qu’il faut pour entraîner le système immunitaire à réagir en cas d’infection « naturelle » par le virus avant d’être éliminé. (...)
3. Les vaccins ont été mis au point trop rapidement
Faux En temps normal, il faut compter entre huit et quinze ans pour le développement d’un vaccin. Ceux contre le Covid ont été élaborés en dix-huit mois ! Ceci s’explique par plusieurs raisons : tout d’abord, même si elle était relativement confidentielle, la technologie de l’ARN messager ne date pas d’hier. (...)
4. Le vaccin est toujours en phase expérimentale
Vrai et faux
- Ce qui est faux, c’est dire que les vaccins contre le Covid sont toujours dans une phase expérimentale. En dépit de leur développement et de leur production en un temps record, ils sont tous passés par les trois phases obligatoires. Ils ont obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) dite « conditionnelle », un point à l’origine de la désinformation. Ce type d’autorisation existe depuis longtemps. « Une AMM conditionnelle, renouvelable, permet l’autorisation de médicaments qui répondent à un besoin médical non satisfait avant que les données à long terme sur l’efficacité et la sécurité ne soient disponibles », mentionne l’ANSM.
- Ce qui est vrai, c’est que les laboratoires se sont engagés à poursuivre des essais cliniques complémentaires de phase 3 (jusqu’au 27 octobre 2022 pour Moderna et 31 janvier 2023 pour Pfizer) pour savoir quelle sera exactement la nature de la réponse immunitaire apportée par le vaccin (...)
5. On va devoir se revacciner tous les six mois
On ne sait pas « Il est un peu trop tôt pour dire si une troisième dose sera utile ou pas, estime Morgane Bomsel. Tout dépendra de la persistance de la réponse immunitaire, et ça, on le découvre au fur et à mesure. » « Mais d’après les immunologistes, continue Dominique Deplanque, un certain nombre de signaux semblent montrer que les vaccins à ARN induisent une réponse immunitaire à long terme. » En revanche, une troisième dose est d’ores et déjà actée pour les populations dont le système immunitaire est fragilisé par certaines pathologies (patients greffés, insuffisants rénaux).
Des essais sont également menés sur des traitements complémentaires pour renforcer l’immunité, notamment un vaccin par voie nasale en spray. (...)
6. Il n’y a jamais eu autant d’effets indésirables
Faux Comme pour toute prise de médicament, la vaccination peut entraîner des effets indésirables. « Il n’y a rien d’étonnant. Le vaccin stimule le système immunitaire. C’est normal qu’il réagisse. Certaines personnes ressentiront des effets plus ou moins importants, tout dépend des individus », ajoute Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS. Fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs ou réactions cutanées au point d’injection… La plupart des réactions ne sont ni graves ni durables. (...)
7. On n’a pas assez de recul sur les effets secondaires à long terme
Faux Le risque zéro n’existe pas. Cependant, dans l’histoire, aucun vaccin n’a produit d’effets secondaires sérieux détectés par les autorités de pharmacovigilance au-delà de deux à trois mois après l’injection. À ce jour, les risques les plus graves, extrêmement rares, sont de court terme. (...)
8. Le vaccin a tué des milliers de gens
Faux Des publications relayées sur les réseaux sociaux affirment que la vaccination contre le Covid-19 a entraîné la mort de plus de 15 000 personnes en Europe. Certains sites en évoquent plus de 18 000. Mais l’affirmation est erronée. Il s’agit des effets indésirables « susceptibles » d’être liés à l’utilisation des médicaments répertoriés dans les bases de données de pharmacovigilance au niveau européen. Ils ne doivent pas être interprétés comme des liens avérés entre l’administration du vaccin et un décès survenu après coup.
L’Agence européenne du médicament a insisté sur le fait que ces chiffres « ne signifient pas nécessairement que les événements rapportés ont été causés par le vaccin ». Pour le professeur Deplanque, « les rapports de cas spontanés d’effets secondaires sont rarement suffisants pour prouver qu’un certain effet suspecté a effectivement été causé par un médicament spécifique. Un patient vacciné peut faire un AVC. S’il en décède, ce n’est pas lié au vaccin ».
9. Les vaccins sont inefficaces face aux variants
Faux « Aucun vaccin ne protège à 100 % », souligne la Haute Autorité de santé (HAS). Comme le souligne l’épidémiologiste Antoine Flahaut, il existe « des échappements vaccinaux et des personnes vaccinées qui contractent le virus et qui peuvent même faire des complications graves et en mourir ». Mais les vaccins, notamment ceux de Pfizer et Moderna, ont fourni des données solides prouvant leur efficacité à 95 %. (...)
10. Être vacciné n’empêche ni d’être malade ni de transmettre le virus
Vrai « Quand vous êtes vacciné, vous ne risquez pas de continuer à contaminer les autres », a affirmé Jean-Michel Blanquer le 28 juillet. Quinze jours plus tôt, Jean Castex avait lui aussi déclaré que les personnes vaccinées n’avaient « plus de chance d’attraper la maladie ». Des affirmations erronées. Car la contamination reste possible. Selon une note de la Drees, 6 % des nouveaux cas enregistrés du 28 juin au 4 juillet en France concernaient des personnes complètement vaccinées qui peuvent contaminer d’autres personnes. (...)