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Marie-Claude Saliceti
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France Culture
On sous-estime toujours le degré d’improvisation de la politique
Article mis en ligne le 27 janvier 2021

Confinera ou confinera pas ? En cette dernière semaine de janvier, cette question semble occuper l’ensemble du champ politique et médiatique.

A la télévision, on voit se succéder les responsables publics. Les uns affirment n’avoir aucune information ; les autres se drapent dans un air mystérieux.

On soupçonne les premiers d’en savoir plus qu’ils n’en disent ; on soupçonne les seconds d’en dire plus qu’ils n’en savent.

Que nous dit toute cette agitation ?

Naturellement, elle révèle l’envie d’anticiper ce qui va nous tomber dessus collectivement.

Puisque nous n’avons guère d’autre choix que de subir la décision, nous cherchons à nous y préparer. Elle est moins brutale quand elle est éventée.

Mais derrière cette confusion, se glisse aussi l’idée d’un "plan caché". Tout serait déjà décidé, mais rien ne serait encore annoncé.

Or, l’on sous-estime en permanence le degré d’improvisation que suppose l’action politique.

Bien sûr, les ballons d’essai existent. Faire fuiter dans la presse une décision pour observer comment réagit l’opinion publique, c’est une pratique sans doute vieille comme l’art de gouverner.

Mais la politique - et c’est encore plus vrai en temps de crise sanitaire inédite -, est une science de l’adaptation, du dernier moment, de l’improvisation.

Chaque jour apporte son lot de nouvelles incertaines, d’informations partielles, d’observations contradictoires. (...)