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ONF : débats houleux autour de la nomination de la directrice
Article mis en ligne le 15 septembre 2022

La nomination de Valérie Metrich-Hecquet à la tête de l’Office national des forêts suscite la défiance au sein de l’établissement public, qui vit depuis des années une grave restructuration néolibérale.

L’Office national des forêts (ONF) part à la dérive, alors même que le dérèglement climatique et ses conséquences violentes sur les forêts nécessiteraient une politique ambitieuse. Rongé par les suppressions de postes et une succession de conflits internes, l’établissement public subit, aujourd’hui, une forme de privatisation rampante. Un démantèlement progressif qui grève ses missions d’intérêt général.

L’Office n’avait plus de direction officielle depuis le 31 mars 2022, date à laquelle le préfet Bertrand Munch a été limogé. Les syndicalistes et une commission d’enquête diligentée par le ministère de l’Agriculture dénonçaient alors la brutalité de son management. Le nombre de salariés en souffrance au travail avait explosé.

Depuis, l’établissement public est ballotté par les crises. Les feux de forêt de cet été sont venus raviver les tensions et mettre en lumière son manque criant d’effectifs. En vingt ans, l’ONF a perdu 40 % de ses salariés. Au cours du dernier quinquennat d’Emmanuel Macron, plus de 1 000 postes ont été supprimés. Un record alors même que l’hémorragie continue. Près de 500 suppressions d’emplois supplémentaires sont encore prévues d’ici à 2026.

« Valérie Metrich-Hecquet a pris part à la purge économique » (...)

Mercredi 14 septembre, son audition à l’Assemblée nationale et au Sénat s’est d’ailleurs transformée en véritable règlement de compte. Avec des débats très houleux. L’opposition parlementaire a profité de sa présence pour critiquer vertement la politique forestière de Macron. (...)

Face aux attaques, Valérie Metrich-Hecquet a cultivé la langue de bois et promis « le dialogue » et « la transparence » tout en restant très vague sur l’emploi ou la limitation des coupes rases — une pratique sylvicole controversée. « Un fonctionnaire n’est pas grand-chose, il n’est rien », a-t-elle défendu, annonçant dès maintenant qu’elle appliquerait les décisions de l’exécutif. (...)

Les syndicats affirment être sur le pied de guerre. « Qu’importe la personne élue, nous allons défendre la mise en place d’une politique ambitieuse et être particulièrement vigilants au cours de l’examen du projet de loi de finances pour éviter qu’il y ait des suppressions de postes », affirment-ils. (...)