Plus de six ans après son adoption et presque quatre ans après son entrée en fonction, l’Affordable Care Act (ACA) est de plus en plus reconnu comme étant un désastre. Même ses défenseurs remettent ouvertement la viabilité du projet en question. Le fameux « accomplissement » du gouvernement Obama en politique intérieure n’est rien de moins qu’une combine élaborée par et pour les sociétés d’assurances et le patronat américain afin de réduire les coûts et augmenter les profits. La « réforme » du secteur de la santé communément appelée Obamacare érige un système qui permet aux compagnies d’assurances, aux entreprises et au gouvernement de réduire radicalement les prestations de santé offertes aux familles et personnes à faibles revenus.
Ceci a toujours été le but de la loi. La réduction des prestations et l’augmentation des coûts pour les familles travailleuses ne représentent pas les conséquences malheureuses d’un effort maladroit mais bien intentionné pour offrir à la population « un système presque universel de soins de santé de qualités », tel que le prétendait Obama lors de la création de la loi. Comme l’a admis récemment le New York Times, défenseur de longue date d’Obamacare, faisant référence au programme gouvernemental de santé minimal pour les pauvres, « la vérité est qu’un plan typique Obamacare ressemble plutôt à Medicaid avec des franchises élevées. »
Selon le « mandat » de l’ACA, quiconque se trouve sans assurance maladie procurée par l’employeur, et sans Medicare ou Medicaid, est obligé de contracter une assurance au privé, sous peine d’une pénalité d’impôt considérable. Aujourd’hui, un nombre important de personnes peinent, si même elles y arrivent, à payer les primes exorbitantes exigées par les compagnies d’assurance privées pour leurs mauvais régimes, pendant que ceux qui en sont capables sont forcés de dépenser d’immenses sommes d’argent sans remboursement pour fournir des soins de santé limités à leurs familles.
Les régimes les moins coûteux sont accompagnés de franchises dépassant 5.000 $. Les réseaux rapetissent, ce qui force les membres à choisir parmi un éventail de plus en plus limité de médecins et d’hôpitaux. Des formulaires pour requête de médicaments barrent l’accès à des médicaments vitaux. Les assureurs demandent et reçoivent des augmentations de primes importantes pour leurs politiques d’assurances tout à fait inadéquates. (...)
La contre-révolution de la santé Obama et le reste de sa politique intérieure forment un tout. Elle accompagne le sauvetage au coût de milliers de milliards de dollars des banques, l’imposition de mises à pied de masse, la réduction des salaires et des avantages sociaux dans l’industrie de l’automobile, ainsi que l’attaque intensifiée contre l’éducation publique et les enseignants… Tout ce qui existe encore des réformes sociales des années 1930 et 1960 et des gains des générations passées des travailleurs résultant de leur lutte amère doit être effacé.
L’ Obamacare est une des facettes des politiques réactionnaires. Toute réforme progressiste et démocratique du système de la santé doit avoir pour point de départ la fin des entreprises de santé privées et de la médication pour le profit, et la socialisation de la santé, administrée démocratiquement par un gouvernement ouvrier, afin d’offrir des soins de santé de haute qualité gratuits pour tous.