
(...) au rythme où va le déclin actuel de notre empire capitaliste à nous, il y a désormais fort à parier que le monde court à grande vitesse vers un nouveau Moyen Âge. Une sorte d’ère d’où toute idée de globalisation sera bannie, non forcément par philosophie, mais au moins par contrainte.
Ce qui caractérise le précédent Moyen Âge, ce n’est pas, comme on voulut longtemps nous le faire accroire, une longue traversée régressive obscurantiste entre Empire romain et Renaissance, mais une atomisation des pouvoirs. On dirait aujourd’hui une “relocalisation” des pouvoirs.
Dans notre Moyen Âge nouveau à nous, cette relocalisation de l’activité humaine a toutes les chances de se faire au niveau politique, économique, mais aussi financier.
Cette atomisation et cette relocalisation s’accompagneront hélas, sans doute, d’affrontements entre les différents systèmes en ébauche. Le nouvel ordre international, lui, ne se se mettra en place que lentement, cahin-caha, sur fond de conflits (nous n’osons dire tragédies).
Combien d’années, de péripéties, pour déboucher sur une nouvelle Renaissance mondialisée ? Tout dépend de la sagesse ou de la folie des humains.
(...) D’aucuns balaieront d’un revers de main méprisant l’analyse qui précède. Mais fasse que l’avenir ne leur donne pas raison. Car si l’oligarchie politico-financière d’aujourd’hui trouvait moyen de rétablir une situation compromise en faisant fi de son système failli, alors oui, nous entrerions dans une longue, très longue traversée de ténèbres totalitaires.