Depuis la création de la « commission du dialogue », à la suite des jours les plus violents qu’ait connue la ZAD (« Zone d’Aménagement Différé » ou « Zone A Défendre ») le gouvernement a décidé d’arrêter les opérations coup-de-poing. Avec la résistance inattendue et un soutien national à la cause, cette approche a été laissée de côté. La « commission du dialogue » avait concédé qu’un climat d’apaisement était nécessaire sur place pendant ses pourparlers avec les opposants qui souhaitaient négocier avec elle - l’ACIPA et les zadistes réclament toujours le départ des forces armées de la zone comme condition préalable au dialogue.
La péfecture de Loire Atlantique semble bien avoir changé de stratégie : elle préfère désormais couper la ZAD de l’extérieur et criminaliser ses soutiens. Un blocus a été décrété en décembre pour empêcher de l’approvisionner - officiellement en produits inflammables - mais cet arrêté préfectoral a permis de faire fouiller tous les véhicules qui traversent la ZAD, refouler les matériaux de construction, saisir les outils, de contrôler l’identité de toutes les personnes qui y passent et bloquer les routes et chemins stratégiques. Les zadistes et les habitants « historiques » sont contraints de passer à travers champs pour se rendre au village de cabanes de la « Cha Teigne ». Ceci sans aucune justification légale sérieuse mais dans le but d’empêcher le ravitaillement en nourriture et d’entretenir la guerre des nerfs.
Depuis cet automne, les zadistes ont su garder le sens de l’humour et contre-attaquer avec malice (voir l’article précédent sur le sujet) face à l’occupation des forces armées qui maintiennent une pression permanente et provoquent les habitants de la zone régulièrement.
La bataille s’est considérablement durcie sur l’aspect juridique. (...)
Le gouvernement français, fort de son expérience réputée - et exportée - en matière de contre-insurrection, utilise tout l’arsenal sécuritaire et judiciaire, durci au fil des ans, pour mater les comités de soutien locaux. (...)
Les actions du collectif parisien de soutien aux zadistes a subi une attention toute particulière de la part des services de l’État. La séance de graffitis sur les planches du chantier de rénovation des Halles (concédé au groupe Vinci) a fini par l’arrestation de la plupart des participants. Certains ont vu leur garde à vue prolongée et sont restés entre les mains du service de « police politique », le S.I.T. (Service d’Investigation Transversale), chargé notamment des affaires de « délinquance astucieuse » et « d’émeutes urbaines ».
Plus récemment, une quinzaine de membres de ce collectif ont été arrêtés par le même service à proximité de la propriété de Mr François Pinault et de Salma Hayek. Certains ont pique-niqué dans la propriété du principal actionnaire du groupe Vinci - chargé de bétonner le site prévu pour le nouvel aéroport de Nantes - cela montre que ces gens fortunés ne sont pas à l’abri dans leurs forteresses pour rendre compte des agissements de leurs entreprises vis à vis de la population. À déployer de tels moyens pour étouffer ces actions, le gouvernement a bien compris qu’on pouvait réclamer justice par nous-mêmes !
Malgré ça, les actions continuent au sein des collectifs et dans le bocage près de Nantes, une nouvelle ferme abandonnée a été réoccupée (Bellevue), désormais protégée par les tracteurs « vigilants », avec l’intention de lui rendre son utilisation agricole en auto-gestion, d’autres publient « Détachez vos ceintures », une BD sur NDDL qui est sortie lors du festival d’Angoulême... et une chaîne humaine de 25 kilomètres est prévue pour le 11 mai autour de la ZAD !
À suivre...