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Notre-Dame-des-Landes : FNE recourt au crowfunding pour sa bataille juridique…
Article mis en ligne le 27 novembre 2014

Par un communiqué en date du 25 novembre 2014, les associations France Nature Environnement (FNE national), Bretagne Vivante - SEPNB, la Coordination Régionale de la LPO Pays de la Loire, FNE Pays de la Loire, Eau & Rivières de Bretagne et SOS Loire-Vivante ERN France, ont annoncé avoir décidé de solliciter l’aide du citoyen afin de contribuer au financement des recours juridiques qu’elles ont engagé contre les autorisations délivrées par le préfet de Loire-Atlantique pour mettre fin au massacre de la biodiversité auquel conduirait la réalisation du projet contesté d’aéroport à NDDL.
Le communiqué de FNE justifie une démarche qui doit permettre de « renforcer le mouvement écologiste dans ce qui ressemble à un combat assez inégal. »

« Dévastateur pour l’environnement, techniquement non justifié et extrêmement coûteux, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes constitue un vestige des politiques d’aménagement des années 60 et 70, une époque où le droit de l’environnement n’existait même pas. À l’heure de l’urgence écologique, il entraînerait la destruction d’un bocage très bien préservé situé entièrement en zone humide et comprenant plus de 100 espèces protégées différentes. »
Les recours juridiques engagés par le collectif associatif ne seront pas jugés avant le premier trimestre 2015 au plus tôt et ils réclament l’engagement de moyens financiers conséquents.
« Afin de réunir ces fonds, nous avons décidé de nous appuyer sur Citizencase.org,, la plateforme de financement participatif pour un meilleur accès à la justice lancée en septembre 2014. Les dons récoltés, qui doivent être réunis avant la mi-janvier, seront exclusivement affectés à la gestion contentieuse de la lutte contre le projet d’aéroport. » (...)

L’affaire est moins anodine qu’il le pourrait paraître. Le budget de FNE, officiellement présenté par le ministère de l’Ecologie, comme un « opérateur de l’Etat », regroupant, selon ses dires, 3000 associations locales de défense de l’environnement, est assuré à hauteur de 70% par des subventions… de l’Etat, voire des mises à disposition de personnels de l’Etat.
Etat que FNE, dans un rituel exercice d’équilibre d’un « molletisme » achevé, se retrouve affronter de plus en plus frontalement dans la période, dénonçant, à juste titre, par exemple, la gestion du dossier nitrates par Manuel Valls, ou participant, aux côtés de la Ligue des droits de l’homme, à la constitution d’une Commission d’enquête citoyenne indépendante sur la mort du jeune botaniste Rémi Fraisse sur le site du projet de barrage contesté de Sivens.
Alors que sa participation, finalement effective, à la caricature de « Conférence environnementale » remise à l’agenda in extremis par Ségolène Royal fait problème au sein de ses propres rangs, dans lesquels de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une opération de com inepte, l’annonce de FNE augure d’un aggiornamento dont l’exigence va s’imposer de plus en plus clairement à mesure que nous allons nous rapprocher de 2017… (...)

A l’heure où les luttes pour l’environnement voient les militants qui y consacrent une énergie admirable être assimilés à un nouvel ennemi intérieur, le rapprochement de ces deux informations, comme l’assaut résolu conduit par les forces les plus réactionnaires contre le principe de précaution, dessinent clairement le paysage qui se met en place dans la perspective de l’après 2017…