Quatre jeunes âgés de 18 à 21 ans, dont un éborgné par un tir de LBD (...)
Le 24 octobre, plusieurs dizaines de jeunes cagoulés et gantés s’en étaient pris à des policiers, attirés au coeur du quartier sensible du Val Fourré par un feu de voiture. Les forces de l’ordre avaient reçu une pluie de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice installés sur des trépieds. Plusieurs policiers, dont l’un a été blessé, ont décrit à la barre un niveau de violence jamais vu pendant leur carrière. « Franchement, c’était impressionnant, on se serait cru à un 14-juillet mais tiré au sol, sur les collègues », a raconté l’un des vingt policiers partie civile.
« Je comprends pas ce que je fais en prison »
Dans le box des prévenus, les quatre jeunes âgés de 18 à 21 ans, dont un a perdu un oeil et un autre a été blessé aux testicules par un tir de LBD, ont clamé leur innocence. Amadou N., pansement à l’oeil droit, a raconté avoir simplement voulu rentrer chez lui le soir des faits après une soirée dans un bar à chicha. « J’ai vu qu’il y avait du monde, a-t-il expliqué, j’ai dit bonjour aux personnes que je connaissais, c’est à ce moment-là qu’il y a eu du chahut et je me suis dit qu’il fallait que je m’en aille ».
C’est en se retournant pour regarder qu’il dit avoir été frappé à l’oeil par un projectile. « Je comprends pas ce que je fais en prison », a répété le jeune homme, sans antécédent judiciaire. En l’absence d’éléments matériels, les débats ont porté sur la précision des tirs de LBD. (...)
Terrible sentence, terrible conclusion : être blessé devient être coupable. « Le fait que vous ayez été blessé démontre que vous étiez dans le groupe d’assaillants », a insisté la présidente Pascale Humbert-Massa #LBD40 https://t.co/im2CS12Uke via @20minutes