C’est la plus grosse manifestation de ce type qui ait jamais eu lieu en Israël. Ce dimanche, 30 000 demandeurs d’asile (selon la police) sont sortis dans la rue à Tel Aviv pour protester contre le traitement qu’on leur réserve en Israël. Le chiffre est impressionnant quand l’on sait qu’ils seraient en tout 60 000 Africains clandestins, selon les autorités israéliennes.
« C’est énorme », réagit Oscar Olivier, joint au téléphone, en parlant de la manifestation à laquelle il a participé. Congolais, il vit en Israël depuis dix-huit ans et milite à l’ARDC (African Refugee Development Center).
« Jusque-là, les gens n’osaient pas protester. Ils risquent d’être emprisonnés sans jugement. Ils ont fini par sortir dans la rue. La souffrance a vaincu la peur. La place de ces gens n’est pas en prison. Il faut les écouter. »
Grève de trois jours
Parallèlement à la manifestation, une grève de trois jours a été déclarée, à partir de ce dimanche :
« Nous demandons la libération des demandeurs d’asile enfermés sans raison. Et nous demandons à ce que les demandeurs d’asile soient écoutés. »
En septembre, la Cour suprême israélienne avait d’ailleurs jugé à l’unanimité inconstitutionnelle la loi qui permettait d’incarcérer sans jugement pendant trois ans des migrants illégaux. Au motif qu’elle allait contre une autre loi affirmant « la dignité humaine et la liberté ». (...)