Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Non-Fiction
Lumières sur les cauchemars
Les cauchemars, ces sombres messagers de la nuit Martine Menès Éditeur : Erès
Article mis en ligne le 10 septembre 2016
dernière modification le 30 août 2016

Dans L’Interprétation des rêves, parmi l’ensemble des rêves, Freud distingue la catégorie des rêves d’angoisse et évoque le cas particulier des cauchemars, dont il remet l’examen à plus tard. Il tentera d’y revenir, et fera des cauchemars une entité spécifique sur laquelle il donnera quelques pistes de réflexion rapides dans Au-delà du principe de plaisir (1920) et dans Révision de la science des rêves (1932) . Dans son Séminaire XI - Quatre Concepts psychanalytiques, Lacan invite les psychanalystes à s’intéresser au cauchemar. Selon lui, c’est l’effraction du « Réel » qui réveillerait le dormeur. Aussi s’étonne-t-on que les cauchemars n’aient pas davantage donné lieu à des travaux importants. C’est chose faite avec Les Cauchemars, ces sombres messagers de la nuit, où Martine Menès s’engage dans les voies laissées ouvertes par Freud et Lacan, et fait des cauchemars une expérience cardinale de la psychanalyse.

Approche des cauchemars par le détour des rêves

Il faut d’abord faire le détour par le rêve avant de statuer et de déterminer si les cauchemars constituent un cas limite du rêve ou une formation à part. La première partie de l’ouvrage de M. Menès (« Rêves et cauchemars, des messages codés ») y est consacrée. Soucieuse de ne jamais considérer les connaissances analytiques comme acquises, M. Menès reprend patiemment la question à son point de départ et rappelle les intuitions de l’Antiquité sur les rêves. La spécificité de l’approche analytique n’en apparaît que mieux : il s’agit d’interpréter le récit du rêve comme un rébus, entité par entité, en regardant chacune d’entre elles comme un « signifiant » dont le mécanisme repose sur le « déplacement » et/ou la « condensation » de plusieurs significations juxtaposées. Dans tous les cas, le rêve ne peut être interprété qu’en prenant appui sur les associations du rêveur lui-même, ce que confirment plusieurs exemples tirés de la clinique personnelle de Martine Menès ou de rêves relatés par Freud.

La syntaxe du cauchemar est la même que celle du rêve. Savoir s’ils ont la même visée est moins facile à élucider. (...)