
En raison d’un manque de personnel, le service des urgences de l’hôpital Pellegrin n’est plus en mesure d’accueillir tous les patients la nuit, mais seulement ceux ayant au préalable appelé le 15 pour être orientés à distance par un médecin.
Après la fermeture partielle et temporaire des services d’urgence de plusieurs villes de la région Nouvelle-Aquitaine, les urgences adultes de l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, sous tension par manque de personnel, n’accueilleront plus la nuit que les patients ayant au préalable appelé le 15 pour être orienté à distance par un médecin, a annoncé le CHU de Bordeaux, mardi 17 mai. (...)
Selon le directeur général du CHU de Bordeaux, Yann Bubien, cité par Sud Ouest mardi, l’hôpital Pellegrin, le premier site d’urgences de la région Nouvelle-Aquitaine, connaît des « tensions sur les ressources humaines depuis l’été 2021. Beaucoup de démissions, de contrats renouvelés, de départs. »
« Inacceptable »
Plusieurs hôpitaux de la région – à Jonzac (Charente-Maritime), Sarlat (Dordogne), Orthez et Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), Montmorillon (Vienne), Marmande (Lot-et-Garonne), Sainte-Foy-la-Grande ainsi que l’hôpital interarmées Robert Picqué à Bordeaux (Gironde) – ont déjà adopté un système similaire ou limité le nombre de jours d’ouverture des urgences, a détaillé l’agence régionale de santé (ARS) dans un communiqué. (...)
« On est numéro un en France, le plus gros site sur la Nouvelle-Aquitaine et on va demander aux gens d’appeler avant de venir ? C’est inacceptable », a réagi Alain Essebar, secrétaire général de la CGT – Pellegrin sur France Bleu Gironde.
« Le pire est devant nous »
Les syndicats signalent, depuis plusieurs mois, un problème d’effectifs dans plusieurs corps de métier. « On n’a pas entendu les alertes de l’ensemble des professionnels : médecins, paramédicaux, infirmiers ou aides-soignants. (…) On fait travailler des gens à plein régime sur des gardes de douze heures, voire même de vingt-quatre heures pour certains médecins. On les amène à l’épuisement ou au départ », a déploré sur France info Gilbert Mouden, infirmier anesthésiste et représentant du personnel SUD-Santé Sociaux.
« Tout le système d’urgences déraille » et « le pire n’est malheureusement pas derrière, mais devant nous… » (...)
Les urgences pédiatriques et la maternité de l’hôpital Pellegrin n’ont, elles, pas changé leur fonctionnement, rapporte Sud Ouest. Les urgences de l’hôpital Saint-André et des cliniques privées resteront ouvertes, rappelait aussi, lundi, Actu Bordeaux, vers lesquelles les médecins régulateurs seront chargés de renvoyer les patients.