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Les fonds vautours pillent le plus élémentaire : le logement, l’alimentation et l’électricité
Article mis en ligne le 5 septembre 2017
dernière modification le 4 septembre 2017

Les fonds vautours pillent le plus élémentaire en Espagne, en commençant par le logement, l’alimentation et l’électricité, entre autres besoins essentiels. Dans l’Espagne post-bulle immobilière, les vautours, alimentés par des banques nationales et internationales bien connues et guidés par des politiciens serviles, tels des corbeaux stratégiquement situés dans les administrations publiques – comme le banquier et actuel ministre de l’Économie Luis de Guindos –, dévorent les dépouilles d’un peuple appauvri.

Résultat : des centaines de milliers de familles expulsées avec des dettes à vie dans un pays qui subit un gravissime problème de logement encore irrésolu ; des marchandises agroalimentaires moins salutaires et plus chères, produites par des entreprises qui ont réduit leur personnel et précarisé leurs travailleuses ; et des actions en justice qui s’enchaînent à propos d’une gestion énergétique allant des primes envenimées pour les énergies renouvelables de Zapatero à leur imposition (connue comme l’impôt sur le soleil) sous Rajoy. Dans cette phase du saccage, après la socialisation des pertes, des vautours privés se gavent au dépend des biens communs, tirant profit d’une dette publique stratosphérique illégitime que nous paieront avec du sang, de la sueur et des larmes durant des générations si nous ne parvenons pas à interdire ces vautours spéculateurs.

Le secteur immobilier est, sans aucun doute, un des terrains préférés des vautours dans un pays où, entre 1997 et 2007, il a été permis de construire annuellement, « plus de logement qu’en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni réunis » |1|. Ce sont toujours les mêmes qui continuent à payer les conséquences de cette exubérance irrationnelle.

Parmi les objectifs des vautours, il y a des hôtels, des bureaux, des actifs logistiques, des hypothèques et des logements, beaucoup de logements. Les cas des logements sociaux sont parmi les plus sanglants (...)

Les conséquences de la gestion vautour pour les locataires ne s’est pas fait attendre : hausse des prix de location, conditions abusives, procédés arbitraires et expulsions qui frappent sans discriminer. Jusqu’à ce qu’en mai 2017, le Tribunal Suprême coupe les ailes au vautour Blackstone (via sa filiale Fidere) protégeant les droits des locataires de ces logements |2|. En juin, la EMVS, dépendante de la mairie de Madrid de Manuela Carmena a proposé de déclarer la vente nulle et non avenue. |3|
Lors d’une opération similaire, en juin 2017, le Tribunal Suprême a admis un recours présenté par les personnes touchées par la vente de 2 935 logements publics de l’IVIMA, dépendant de la Communauté de Madrid, aux vautours Azora - Goldman Sachs pour 201 millions d’euros. Les affectés et l’Association Corruptil ont demandé aux tribunaux qu’ils enquêtent sur de possibles « accords entre trois fonds d’investissements (Goldman, Blackstone et Cerberus) pour s’adjuger chacun des opérations immobilières d’envergure réalisées à Madrid par les administrations du PP ». Une autre de ces opérations a consisté en l’octroi par la SAREB (bad bank) de 52 000 prêts de Bankia à Cerberus. Curieusement, le fils de l’ex-président du Gouvernement José María Aznar, et de l’ex-maire de Madrid Ana Botella, José María Aznar Botella, est conseiller de Cerberus via le fonds vautour local Poniente Capital |4|. (...)

Des vautours en attente du sauvetage des autoroutes à péage en faillite

Rien n’écœurent les vautours. Pas même les autoroutes à péage qui ont aussi été construites sous l’ère Aznar, aujourd’hui en faillite. Neuf au total. Quatre vautours (Taconic, Kingstreet, Strategic Value et Atlestor) ont récupéré la plus grande partie de leur dette financière qui atteint près de 6 milliards d’euros – y compris celle qui est entre les mains de banques comme Deutsche Bank, JP Morgan, Goldman Sachs ou Bankia et des concessionnaires –, et prétendent que le Gouvernement en assume le coût. Les fonds ont passé contrat avec la firme spécialisée Houlihan Lokey, connue pour son intervention auprès de Lehman Brothers ou Abengoa.
Les fonds cités ont acheté la dette à des banques espagnoles et étrangères qui avaient participé au financement des travaux et qui, face à la difficulté d’arriver à un accord, décidèrent de s’en aller. Ils l’on fait à perte car dans certains cas les encaissements ne dépassèrent pas 10% de la valeur nominale. Selon le journal El País, parmi les banques qui ont vendu, se trouvent Santander, BBVA, Popular, ING, Natixis, Société Générale et Bank of Tokyo-Mitsubishi. Quel que soit le montant, celui-ci irait alourdir le déficit de l’État, ce qui compromet l’accomplissement des objectifs imposés par Bruxelles |10|.
Les vautours ne dédaignent pas non plus d’autres actifs immobiliers appelés « alternatifs », comme les sanitaires, résidences de personnes âgées ou d’étudiants. (...)

les mêmes vautours sont capables de spéculer avec le logement, l’alimentation et l’énergie. Ils ont picoré dans beaucoup d’autres secteurs, comme celui des paris sportifs (Blackstone a misé sur la multinationale du jeux Codere) ou les cliniques dentaires, comme la polémique Vitaldent où opère Javier Botín, de la famille qui préside la banque Santander. Très souvent, les vautours sont introduits par des banques nationales et internationales soit-disant prestigieuses qui se cachent derrière des changements de nom et se protègent dans des paradis fiscaux, mais ont aussi les griffes tâchées de sang.