Plus fort que l’hydroxychloroquine. Là où la médecine patine, l’administration fait des miracles. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2020, des milliers de personnes atteintes de pathologies vasculaires ou pulmonaires ont soudain cessé d’être considérées vulnérables au coronavirus.
Depuis le début de l’épidémie, ces patients fragiles, ainsi que les proches de personnes vulnérables, pouvaient bénéficier d’un certificat d’isolement et télétravailler ou bénéficier du chômage partiel si leur fonction rendait le télétravail impossible. Ce pouvait être le cas d’une femme porteuse d’une mucoviscidose, ou d’un homme prenant soin à domicile d’un grand-parent fragile, ou d’une femme lors du troisième trimestre de la grossesse. (...)
Du jour au lendemain, la liste des sujets susceptibles de bénéficier de ce dispositif a été singulièrement amputée. Seuls les patients atteints d’un cancer évolutif sous traitement, les patients atteints d’une immunodépression (congénitale, ou médicamenteuse, ou liée à une maladie : VIH, maladies sanguines), les patients dialysés, et certains diabétiques, peuvent bénéficier du dispositif.
Le cas des diabétiques est particulièrement éclairant sur les principes qui ont fondé l’action du gouvernement. Seuls peuvent continuer à bénéficier du dispositif les diabétiques obèses ou présentant des pathologies vasculaires (artérite, infarctus, etc.)… à condition d’avoir plus de 65 ans.
Plus. De. 65 ans. Nous ne sommes pas encore dans l’Amérique de Trump mais nul doute que certains y pensent fortement, en font leur rêve mouillé. Quel diabétique avec des complications vasculaires travaille au-delà de 65 ans ? (hors du milieu médical, s’entend). Cette restriction montre bien à quel point la liste a été établie en dépit du bon sens, avec la volonté de feindre une bienveillance démentie dans les faits. (...)
Seuls les patients qu’il aurait été indécent de renvoyer au travail quelqu’en soient les conséquences (cancéreux, dialysés, immunodéprimés sévères) ont échappé au couperet. Dans le cas des diabétiques, France Assos Santé, dont le président Gérard Raymond fut président de la Fédération française des diabétiques de 2015 à 2019, s’est clairement fait rouler dans la farine. Le gouvernement feint de protéger les diabétiques de Schrödinger : des diabétiques à complications vasculaires ayant dépassé de plusieurs années l’âge légal du départ en retraite. A ce compte, on est au moins certains de ne pas trop grever le budget de l’Etat. (...)
Reste aux médecins à expliquer à leurs patients qu’il n’y a pas d’argent magique, qu’il faut retourner au travail « quoiqu’il en coûte ».
Pour info :
Le Chat de Schrödinger