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Marie-Claude Saliceti
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l’Humanité
Les cow-boys hors de nos facs ! L’armée et la police troublent l’ordre public à l’Université de Strasbourg.
Article mis en ligne le 6 octobre 2016
dernière modification le 3 octobre 2016

Depuis novembre dernier, lorsque l’état d’urgence a été décrété, les étudiants croisent regulièrement la route des agents de sécurité privée (embauchées par l’Unistra sans aucune consultation démocratique ni information officielle aux étudiants quant à leurs prérogatives), ainsi que des patrouilles de police et même des patrouilles militaires sur le campus. L’état d’urgence et le plan Vigipirate permettent de déroger à la norme selon laquelle la police n’a le droit de pénétrer dans l’enceinte du campus que si le président de l’université ou le procureur de la République en font la demande.

Malgré l’essoufflement du mouvement social, le présence policière sur notre campus reste constante voire elle se renforce. Le risque de dérapages et « bavures » s’agrandit au fur et à mesure que vigiles, policiers et militaires gagnent du terrain sur nos lieux d’études.
Le jeudi 29 septembre 2016, l’« Opération Sentinelle » patrouillait devant le Palais Universitaire de Strasbourg. Un militant des Etudiants Communistes décide alors de prendre une photo pour avoir une image de l’armée qui marque leur territoire sur la faculté. C’est alors que les militaires s’arrêtent, demandent à notre camarade de s’approcher à la fenêtre du véhicule, lui ordonnent d’effacer la photo à coup de menaces telles que « Efface ta photo ! Sinon tu restes avec nous et tu vas prendre cher ! ». Un autre militaire à l’arrière du véhicule propose même, en murmurant à son collègue, une ratonnade. Constatant que notre camarade ne cède pas à leurs agressions verbales, les militaires décident de sortir du véhicule en l’encerclant équipé de gazeuses. Ils le menaçent d’appeler la police pour lui faire passer le reste de la journée en garde-à-vue. L’étudiant décide alors de supprimer la photo pour éviter les problèmes, ne connaissant pas ses droits à ce sujet.
Le lendemain, vendredi 30 septembre 2016, le SAMU est appelé sur le campus central de Strasbourg accompagné d’une voiture de police et 4 policiers. C’est la procédure. Cependant, l’un des 4 policiers est armé d’une mitraillette et s’amuse à contrôler les étudiants. Un jeune à vélo roulant avec des écouteurs, c’est alors que le policier armé d’une mitraillette attrape le cycliste par le t-shirt avec l’aide d’un seul de ses bras et commence à lui faire la morale. Lui dit que c’est interdit de rouler un vélo avec des écouteurs (ce qui est vrai), il rajoute qu’il ne lui collera pas d’amende aujourd’hui mais que s’il le revoyait à vélo avec des écouteurs il lui donnera deux paires de claques car, nous citons, « c’est moi qui fait la loi ».

L’Etat policier, avec des visées de contrôle social, n’a désormais aucune limite à utiliser sa police et son armée pour marquer son emprise sur les universités et harceler les étudiants comme ils le font déjà violamment dans les quartiers populaires (...)