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« C’est une purge » : à Greenpeace, les locaux pris d’assaut pour sauver les emplois
#greenpeaceFrance #PlanSocial #salaries #solidarite
Article mis en ligne le 13 mai 2026
dernière modification le 12 mai 2026

Alors que la direction de Greenpeace prévoit de licencier un quart de ses effectifs d’ici cet été, une quarantaine de salariés et bénévoles occupe depuis le 5 mai les locaux parisiens de l’ONG afin de demander le retrait de ce plan social. (...)

Noyer le poisson

Contactée par Reporterre, Laurence Veyne, codirectrice adjointe de l’association, assure que le plan « ne vise pas des personnes mais des postes ». Rejoints par des militants de l’ONG, les salariés ont pu le matin même présenter des alternatives à la direction. Laurence Veyne assure que « celle-ci s’est engagée à les étudier, à les chiffrer et à voir leurs conséquences éventuelles. Nous allons revenir vers les salariés d’ici une semaine ou deux ». Et d’ajouter : « Nous comprenons bien que ce projet suscite beaucoup d’inquiétude et de colère, et nous sommes ouverts à la discussion pour toute proposition solide qui permettrait de répondre aux enjeux actuels. »

Une tentative de « noyer le poisson », selon un membre de la section syndicale, qui liste quelques propositions déjà évoquées par les salariés : la réduction des écarts de salaire ou encore celle du temps de travail à trente-deux heures. Le comité social et économique (CSE) a par ailleurs commandé une contre-expertise sur les difficultés financières de Greenpeace, les résultats étant attendus pour fin mai-début juin. Alors même que, selon Quitterie Czupryna, la fin des négociations avec les syndicats est prévue le 22 mai.

D’après des documents révélés par Mediapart également consultés par Reporterre, les réserves de trésorerie actuelles de Greenpeace s’élèvent à près de 11 millions d’euros. Mais, selon la direction, au regard du déficit de 4 millions d’euros attendu pour 2027 et des difficultés déjà citées, l’ONG « ne sera plus en capacité de couvrir [ses] charges à partir du deuxième trimestre 2029 ». (...)

Conflits internes

« Évidemment, tout le monde espère sauver quelques postes, mais ce plan est nécessaire si on veut que Greenpeace survive. Il y a eu beaucoup trop d’embauches ces dernières années », argue une salariée dont l’emploi serait pourtant, selon ses dires, supprimé à l’issue de l’adoption d’une telle décision.

Visiblement remontée contre la mobilisation en cours, elle pointe un « groupe de personnes, qui, depuis plusieurs années, critique systématiquement tout ce que propose la direction alors que nous sommes pourris gâtés » — des paroles représentatives de conflits internes ayant cours depuis longtemps au sein de l’association. Tout en ne niant pas qu’il existe « des visions différentes au sein de Greenpeace », un membre de la section syndicale affirme que « le mouvement social et de contestation est clairement majoritaire au sein des salariés, des groupes locaux et des communautés globales ». (...)