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Les constructeurs auto veulent mettre un coup d’arrêt au marché de l’occasion en Afrique
Article mis en ligne le 1er mai 2019
dernière modification le 29 avril 2019

Le marché des voitures d’occasion est plus que florissant sur le continent. Au grand dam des constructeurs occidentaux et japonais, dont les ventes s’y trouvent très nettement ralenties. Ils se sont regroupés pour faire pression sur les autorités locales et tenter d’inverser la tendance.

"Toute l’Afrique ou presque circule en voitures d’occasion, robustes et réparables", écrivait Le Monde en 2007. Depuis des décennies, le continent est l’un des plus gros consommateurs de ce type de véhicules : il en importerait chaque année en moyenne entre trois et quatre millions, rapporte l’agence Ecofin. Des véhicules venus d’Europe, du Moyen-Orient et du Japon. (...)

Aux dires d’un rapport de la Banque africaine de développement et de l’OCDE, cité par Ecofin, le continent compterait désormais 350 millions de personnes appartenant à la classe moyenne. Une donnée contestée par certains chercheurs. Mais pour l’instant, son milliard d’habitants (1,2 milliard selon les sources) ne génère que 1% des ventes mondiales de voitures neuves de tourisme (2%, selon Ecofin), l’Afrique du Sud se taillant la part du lion dans ce secteur. (...)

VW (installé en Algérie) et Nissan disposent déjà d’usines ou se sont engagés à en ouvrir au Nigeria, au Kenya et au Ghana. Honda et PSA ont des sites d’assemblage au Nigeria. Le groupe français s’est également implanté au Kenya. Renault s’est installé en 2014 en Algérie. Pour Andrew Kirby, directeur général de Toyota en Afrique du Sud, la stratégie du constructeur japonais est de se "concentrer sur l’Afrique car le continent va connaître une importante croissance".

Cette zone géographique pourrait permettre aussi aux constructeurs occidentaux et asiatiques de continuer à écouler leurs voitures à moteurs thermiques. (...)

La pollution liée à l’automobile est déjà très présente dans de nombreux villes africaines.
Distorsion du marché ?

Certains responsables du secteur considèrent cependant que le principal obstacle au développement des voitures neuves en Afrique vient du Japon. En effet, en raison de contrôles stricts, les véhicules y sont mis au rebut après seulement quelques années de service. Ils estiment que cette politique entraîne une distorsion du marché en permettant aux concessionnaires d’acheter des véhicules au prix de la ferraille et de les exporter vers l’Afrique.

Le gouvernement kényan prévoit de réduire les importations de voitures de plus de trois ans d’ici 2021, à l’exception des modèles de tourisme équipés d’un moteur d’au moins 1,5 litre. Cette mesure pourrait entraîner un doublement du prix des modèles milieu de gamme importés, dénonce cependant la Kenya Auto Bazaar Association (KABA), un groupe de pression de 300 membres. "La classe moyenne ne pourra pas posséder un véhicule de son choix", déplore la KABA. (...)

Autre problème, et non des moindres : le manque d’infrastructures routières. La situation est telle que "l’Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la densité routière a baissé au cours des deux dernières décennies", constatait la Banque mondiale en 2017. Pour autant, les pays du continent semblent en avoir pris conscience puisque ces équipements absorbent désormais "les deux tiers des investissements d’infrastructure consentis dans la région".