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Le Monde
Les cartes inédites montrant les conséquences du dérèglement climatique en Europe
Article mis en ligne le 10 février 2020

C’est une série de cartes qui pourrait donner des idées à n’importe quel réalisateur de films porté sur les scénarios catastrophe, et que Le Monde publie lundi 10 février. Pourtant, elles ont été réalisées par la très sérieuse Agence européenne de l’environnement, qui s’est attachée à représenter les conséquences du réchauffement climatique sur notre continent.

A l’heure où la Commission européenne a fait du « green deal » sa priorité et où elle s’apprête, début mars, à dévoiler sa loi climat – censée inscrire dans le marbre le principe de la neutralité carbone en 2050 –, ce travail ne manquera pas d’alimenter ses réflexions.

Montée du niveau de la mer, pluies torrentielles, épisodes de sécheresse, feux de forêt : les chercheurs de l’institution se sont projetés sur la fin du XXIe siècle pour imaginer ce que seront nos vies d’Européens, et celles de nos enfants et petits-enfants, à cette échéance. Leurs cartes permettent à chacun d’entre nous d’aller regarder ce qui l’attend, là où il vit ou là où il passe ses vacances. (...)

La conclusion est sans appel. Les catastrophes qui se multiplient ces dernières années – Venise sous les eaux en novembre 2019, les inondations dans l’Aude fin 2018, ou encore les incendies en Suède en 2018, pour n’en citer que quelques-unes – vont devenir partie intégrante de nos quotidiens. Et ce, même en prenant l’hypothèse la plus optimiste, celle où l’accord de Paris sur le climat serait respecté et où le réchauffement serait contenu sous les deux degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Une hypothèse dont tous les scientifiques s’accordent à dire qu’elle est déjà hors d’atteinte tant les mesures prises ne sont pas à la hauteur des défis. (...)

Même si les températures ne devaient pas monter de plus de deux degrés, « ce qui est aujourd’hui un événement exceptionnel va devenir la norme dans de nombreux endroits », explique l’Agence européenne de l’environnement.

Lire aussi :

 Réchauffement climatique : l’Agence européenne de l’environnement publie des prévisions alarmantes (...) Les experts ont fait deux types de simulation : une augmentation des températures de deux degrés et une hausse de quatre degrés. (...)

 300 millions de personnes menacées par la montée des océans d’ici 2050
Selon un nouveau rapport, au moins trois fois plus de personnes dans le monde sont menacées par l’élévation du niveau de la mer, comparé aux estimations passées : 300 millions de personnes seront confrontées à des inondations côtières au moins une fois par an d’ici 2050, dont 1 million de personnes en France métropolitaine. Dans le meilleur des cas. (...)

Ces nouveaux calculs ont été réalisés grâce à l’analyse de données satellitaires. (...)

En plus de ces éléments, Climate Central a créé une carte mondiale interactive illustrant les inondations potentielles dues à la montée du niveau de la mer au cours du XXIe siècle. (...)

Ces estimations se veulent prudentes car elles reposent sur des projections standard du niveau de la mer et des réductions des émissions de gaz à effet de serre à peu près conformes aux objectifs de l’Accord de Paris. Alors que les efforts déployés à l’échelle mondiale ne sont, à ce jour, pas en phase avec cette trajectoire.

Émissions contrôlées ou non, les pays asiatiques enregistrent les plus fortes augmentations de terres menacées. Les évaluations révèlent que même avec des réductions modérées des émissions de gaz à effet de serre, les régions de six pays asiatiques, soit 237 millions de personnes, pourraient faire face à des menaces annuelles d’inondations côtières d’ici 2050, environ 183 millions de plus que les évaluations précédentes.

Les différents scenarios proposés par l’étude démontrent que l’action climatique aurait une influence significative sur le nombre de personnes menacées. Des réductions rapides des émissions sauveraient 50 millions de personnes dans le monde des inondations côtières annuelles d’ici 2100. Sans réduction des émissions, la mer submergerait en plus et entièrement les terres où vivent actuellement 40 millions de personnes (par rapport à une réduction rapide des émissions).