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Les cadres d’Orange punis à cause du climat social ?
(L’Express L’Entreprise, 02/04/2019)
Article mis en ligne le 8 avril 2019
dernière modification le 7 avril 2019

Des managers de l’opérateur s’inquiètent de voir la part variable de leur rémunération baisser. Explication : la prise en compte d’un « baromètre salarié » maussade.

Mauvaise surprise pour les cadres d’Orange. Ils ont reçu ce mois-ci la notification de leur part variable managériale (PVM) au titre du 2e trimestre 2018 et « nombreux sont celles et ceux qui constatent une baisse sensible », relève le syndicat de l’encadrement CFE-CGC dans un courrier adressé à la DRH groupe le 27 mars. Cette part pèse jusqu’à 30 % de la rémunération des cadres selon leur niveau dans les classifications de la convention collective et concerne 60 % des personnels.

Pas de quoi choquer a priori, la part variable d’un salaire étant par définition fluctuante, avec de bons et de moins bons millésimes, en fonction notamment des performances de l’entreprise. Si ce n’est que les résultats annuels d’Orange, présentés le 21 février dernier par la direction, « confirment l’atteinte de tous les objectifs annoncés pour 2018 ». (...)

Le « baromètre salarié » en baisse

Comment expliquer cette douche froide ? La réalisation ou non d’objectifs fixés par entité peut justifier certaines variations. Mais, relève la CFE-CGC, « nous avons eu la surprise de constater que, dans plusieurs divisions et directions opérationnelles, la baromètre ‘salarié Orange, votre avis compte’, a été utilisé » comme indicateur pour le calcul du montant de la PVM ».

Ce baromètre sert classiquement à connaître le point de vue des salariés sur différents sujets. On leur demande par exemple de se prononcer sur des affirmations comme « Orange conduit une politique de l’emploi responsable » ou « Orange reconnaît la contribution de chacun ». Mis en place en 2010 après la crise sociale survenue chez France Télécom (futur Orange), il a aussi servi pour le calcul de la part variable des top managers. « Ce dispositif était vertueux tant qu’il ne concernait que les 1 000 cadres stratégiques, car il leur imposait d’être vigilants, commente Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d’Orange. Mais en décidant de l’élargir cette année aux 50 000 cadres de l’entreprise, qui représentent 60% des effectifs, la direction dévoie le dispositif. »
« Un effet gilets jaunes qui se traduit par de la défiance » (...)

« Cette méthode, qui nous ramène dix ans en arrière, pénalise financièrement les cadres mais, surtout, ce baromètre ne permet pas de remonter les problèmes, analyse Sébastien Crozier. Le message est : si vous répondez mal ou si vos collaborateurs répondent mal aux questions du baromètre, vous serez punis. Il y a un risque d’omerta. »