12/10/2016
La commission des finances torpille le projet d’une taxe sur les transactions financières (TTF) française ambitieuse au service de la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.
la commission des finances a cédé au lobby des banques, et voté contre une taxation plus large des opérations financières – dites intra-journalières – qui aurait pu profiter à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique. Ceci en dépit de l’adoption d’un amendement similaire l’année dernière par une majorité de parlementaires de tous bords politiques et une large mobilisation citoyenne.
Quelques minutes plus tard, les mêmes députés enfoncent le clou, et affirment leur indifférence face aux défis de financer l’aide publique au développement (APD), en refusant d’élargir le taux de la taxe sur les transactions financières(TTF) à 0, 5%. Une insulte pour les ONG et les citoyens mobilisés, qui ont interpellé les députés sur Twitter toute la journée.
En particulier, Valérie Rabault, rapporteure socialiste à la Commission des finances s’est faite porte-parole du lobby financier en refusant toute amélioration de la TTF française et en remettant en cause l’essence même de la taxation des transactions financières : utiliser ses revenus pour financer la solidarité internationale. (...)
Dans la nuit du 12 au 13 Octobre, les députés de la Commission des finances ont essayé de rectifier le tir sur la TTF.
Pour Sandra Lhote-Fernandes d’Oxfam France : « En décidant d’affecter 75% des revenus de la TTF française à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique, les députés ont essayé de nuancer les choix faits plus tôt dans la soirée, mais cela ne suffit pas. La TTF ne peut être un outil véritablement efficace que si elle permet de collecter des sommes à la hauteur des enjeux du développement durable. La semaine prochaine en séance plénière, les députés devront confirmer le choix d’affecter 75% de la TTF française à la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, mais ils devront aussi réparer les erreurs politiques commises par la Commission des Finances, en décidant de taxer les transactions intra-journalières et en élargissant le taux de la TTF française de 0,2 à 0,5 % ». (...)