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le Monde Diplomatique
Le tournant de la nomadisation
Article mis en ligne le 3 décembre 2013
dernière modification le 30 novembre 2013

« Développez votre activité mobile ou trépassez ! ». Une leçon de darwinisme économique répétée aujourd’hui sur tous les tons dans le monde des jeux vidéo, du fait de l’invasion de périphériques portables « intelligents », comme sont qualifiés par anthropomorphisme les téléphones ou tablettes tactiles doublés d’ordinateurs. En filigrane de cette nomadisation qui s’accompagne d’une nouvelle division mondiale du travail, l’industrie ajuste ses profits.

(...) Marier les technologies en profitant de leur connectivité grandissante, voilà l’une des pistes suivies par les plus gros éditeurs de jeux, qui cherchent à la fois à rentabiliser le long et coûteux développement de leurs blockbusters et à créer de nouvelles « franchises », une marque déclinable en plusieurs épisodes et sur tous les supports. (...)

« Portage » est le terme qui désigne l’adaptation d’une licence à d’autres plates-formes (1). Le portage vers le mobile, sorte de travail à la chaîne, est souvent sous-traité dans des pays à bas coûts par les studios historiques, soit en interne, soit carrément externalisé, à l’Est.

On trouve bien une entreprise de portage en France : Playsoft. Elle travaille avec de grands éditeurs (Electronic Arts, Disney, Sega, Konami) mais, clauses de confidentialité obligent, ne tient pas à en dire davantage. L’entreprise signe ses contrats à Paris, puis développe les applications dans son antenne polonaise qui emploie une centaine de personnes. Une participation qui n’apparaît pas dans les crédits du jeu. (...)

Si le jeu vidéo peut être une œuvre véritable (lire « “Super Mario” entre au musée »), sa nomadisation actuelle, soutenue par les plates-formes numériques, correspond alors à sa marchandisation la plus aboutie. (...)