En modifiant la répartition des eaux, notamment par la fonte plus forte des inlandsis, le réchauffement climatique modifie – légèrement – l’axe de rotation de la Terre. C’est la conclusion d’une étude de données recueillies par le satellite Grace. Le mathématicien Euler nous explique cet effet.
Au XVIIIe siècle, le mathématicien et physicien suisse Leonhard Euler a découvert les équations décrivant la mécanique d’un corps solide sous l’effet de couples de forces. Elles permettent de comprendre les mouvements de rotation propres des corps célestes, de satellites comme Kepler et même des drones, des bateaux, des vélos et des robots humanoïdes. Tous ces mouvements peuvent être ramenés, en grande partie, à ceux d’une toupie. (...)
L’un de ces mouvements était une dérive lente en direction de la baie d’Hudson, au Canada, à raison de 10 centimètres par an environ et selon une ligne de longitude qui va de Toronto à Panama. Les géophysiciens l’expliquaient en invoquant le rebond isostatique, c’est-à-dire la remontée d’une partie des terres émergées qui, telle une péniche chargée puis déchargée, s’étaient enfoncées dans le manteau dans le manteau de la Terre sous le poids de la calotte glaciaire de la dernière glaciation.
Au début des années 2000, cette dérive s’était modifiée pour prendre la direction du méridien de Greenwich. Il semble que cela soit dû à la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique, mais pas seulement. Comme l’explique un article paru dans Science, les données fournies par le satellite Grace montrent que les redistributions des eaux sur les continents, mais aussi par exemple du fait de l’évaporation de la mer Caspienne, sont également responsables de cette dérive.
Même si cette dérive est faible, le réchauffement climatique produit par l’activité humaine en est donc la cause et l’on peut donc dire que l’Homme affecte jusqu’à la rotation de sa planète..