l’apparition d’agences de notation spécialisées dans le secteur de la microfinance publiant des données comptables et établissant des comparaisons entre les différentes institutions a également largement contribué à la financiarisation du secteur. Comme le résume Philippe De Schrevel : « Le microcrédit est une nouvelle classe d’actifs qui doit avoir sa place dans le portefeuille d’un investisseur. »
La microfinance connaît peu la crise
Si les banques font du charme aux IMF, c’est que la microfinance s’est avérée être un secteur sûr, générant peu de risque et plus résistant aux crises que le secteur bancaire classique. Rares sont les investisseurs en microfinance qui ont connu des restructurations, des pertes ou des crises de liquidités sectorielle |5|.
Le portefeuille à risque |6| se situe entre 2 et 4 % et aucun impayé n’a été constaté au titre des refinancements accordés aux IMF.
De plus les IMF affichent des performances financières supérieures à celles des fonds d’investissement classiques : dans ce secteur, il est courant d’atteindre un retour sur investissement (ROE - Return on Equity - rendement sur fonds propres) de 20 % |7|. Plus le ROE est élevé, plus une banque sera attractive pour les actionnaires. Dans le secteur "classique", « depuis les années 1990 jusqu’au prélude de la crise en 2007-2008, les banques ont mené une course à un ROE maximum : 15 % était courant mais certaines banques obtenaient de 25 à 30 %. En 2007, il s’élevait à 15 % en zone euro, à 17 % au Royaume-Uni et à 19 % aux USA. » |8|
Le microcrédit est loin de lutter contre la pauvreté et constitue bien souvent un rouage supplémentaire au mécanisme d’appropriation des richesses par une minorité en ouvrant aux banques l’immense marché que constitue les pauvres. Elle est aujourd’hui un outil rentable et sûr au service des investisseurs privés. (...)
Les fondateurs du microcrédit expliquent qu’il est un outil de lutte contre la pauvreté. Pour eux, la pauvreté semble être un élément naturel, détaché des rapports de domination et d’appropriation des richesses. Elle serait issue d’une sorte de maldonne hasardeuse qui ne permet pas à tout le monde « d’investir son avenir ». (...)
l’apparition d’agences de notation spécialisées dans le secteur de la microfinance publiant des données comptables et établissant des comparaisons entre les différentes institutions a également largement contribué à la financiarisation du secteur. Comme le résume Philippe De Schrevel : « Le microcrédit est une nouvelle classe d’actifs qui doit avoir sa place dans le portefeuille d’un investisseur. »
La microfinance connaît peu la crise
Si les banques font du charme aux IMF, c’est que la microfinance s’est avérée être un secteur sûr, générant peu de risque et plus résistant aux crises que le secteur bancaire classique. Rares sont les investisseurs en microfinance qui ont connu des restructurations, des pertes ou des crises de liquidités sectorielle |5|.
Le portefeuille à risque |6| se situe entre 2 et 4 % et aucun impayé n’a été constaté au titre des refinancements accordés aux IMF.
De plus les IMF affichent des performances financières supérieures à celles des fonds d’investissement classiques : dans ce secteur, il est courant d’atteindre un retour sur investissement (ROE - Return on Equity - rendement sur fonds propres) de 20 % |7|. Plus le ROE est élevé, plus une banque sera attractive pour les actionnaires. Dans le secteur "classique", « depuis les années 1990 jusqu’au prélude de la crise en 2007-2008, les banques ont mené une course à un ROE maximum : 15 % était courant mais certaines banques obtenaient de 25 à 30 %. En 2007, il s’élevait à 15 % en zone euro, à 17 % au Royaume-Uni et à 19 % aux USA. » |8|
Le microcrédit est loin de lutter contre la pauvreté et constitue bien souvent un rouage supplémentaire au mécanisme d’appropriation des richesses par une minorité en ouvrant aux banques l’immense marché que constitue les pauvres. Elle est aujourd’hui un outil rentable et sûr au service des investisseurs privés. (...)
Le microcrédit fournirait au créateur qui sommeille en chaque être humain une mise de départ pour qu’il puisse enfin saisir sa chance. Théoriquement il consiste en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou à des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Mais s’il devait à l’origine financer de petites activités génératrices de revenus permettant à l’emprunteur de rembourser son prêt, le microcrédit est devenu accessible sans garantie de revenus et a « bancarisé » des millions de personnes.
Avec la micro-assurance ou la micro-épargne, il forme le secteur de la microfinance. A l’origine aux mains d’associations, d’ONG et de quelques banques mutualistes (sous forme de gestion de portefeuille d’associations ou de fondations), la microfinance est aujourd’hui de plus en plus contrôlée par des banques commerciales dont les objectifs sont très éloignés de la lutte contre la pauvreté.
Les institutions de microfinance gèrent 70 milliards de dollars (dont 25 à 30 milliards d’épargne). Environ 80 % des clients sont des femmes et 70 % vivent en zone rurale. Actuellement plus de 205 millions de personnes sont endettées avec un microcrédit. Le prêt moyen s’élevait en 2010 à 426 euros et le taux d’intérêt moyen à 35 %.
De la dette publique au microcrédit
Le microcrédit s’est développé dans les années 1980 et a accompagné les politiques d’austérité dictées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale aux pays du Sud pour garantir le remboursement de leurs dettes publiques. Ces politiques libérales ont pour objectif de forcer les pays endettés à abandonner leurs politiques sociales (éducation, santé, transport, emploi, logement, énergie, etc.) et à mettre en place des plans de privatisation massifs.
Parallèlement, la Banque mondiale a placé « l’inclusion financière |1| » au centre de ses programmes de développement et de lutte contre la pauvreté. Pour elle, c’est en les insérant dans le système bancaire que les populations pauvres auront accès aux services de base, services désormais payants (...)