Conséquence inattendue du Brexit : Theresa May, la nouvelle Première ministre du Royaume-Uni, a supprimé de son gouvernement le ministère chargé de la lutte contre le changement climatique. Et d’autres signes indiquent que la politique environnementale anglaise va être affaiblie avec la sortie de l’Europe.
Moins de 24 heures après la prise de fonction de la nouvelle Première ministre anglaise, Theresa May, les craintes des associations environnementales face à une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se sont confirmées. Jeudi 14 juillet 2016, Mme May, issue du Parti conservateur, a dévoilé son nouveau gouvernement. Elle a purement et simplement supprimé le département de l’Énergie et du Changement climatique (Decc) de la liste des ministères du gouvernement de Sa Majesté.
Les fonctions de ce département incluaient la représentation du Royaume-Uni aux conventions internationales sur le climat, la responsabilité d’atteindre les objectifs d’émission de carbone et de gérer les subventions pour les énergies vertes. La question du changement climatique et ses attributions sont désormais intégrées au portefeuille du tout nouveau secrétaire d’État (l’équivalent français de ministre) pour les Affaires économiques, l’Énergie et la Stratégie industrielle, Greg Clark.
Cette décision a suscité une volée de bois vert de la part d’anciens ministres, leaders politiques et associations environnementales qui ont condamné ce changement, le qualifiant de « profondément inquiétant » et s’accordant pour dire qu’il s’agit d’un « revers majeur pour les efforts du Royaume-Uni concernant le changement climatique ». ...)
Le Brexit, décidée par référendum le 23 juin 2016, provoque de nombreuses autres incertitudes sur le plan environnemental, à la fois aux niveaux national et européen. Un rapport de l’Ieep (Institute for European Environmental Policy) souligne que l’intégration au projet européen a permis de nombreuses avancées depuis les années 1970 et « a facilité un approche plus ambitieuse dans de nombreux pays par rapport à ce qu’ils auraient pu réaliser par eux-mêmes ».
Pour Nathalie Hervé-Frounereau, directrice de recherche au CNRS sur les questions de droit de l’environnement dans l’Union européenne, cette approche a été bénéfique aux Britanniques, malgré une politique plus libérale et leur volonté d’avoir toujours un pied dedans, un pied dehors (...)