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« Le burn-out est une maladie de l’âme en deuil de son idéal »
Article mis en ligne le 6 septembre 2020

Je me suis entendu dire ces mêmes mots que je prononce régulièrement aux agents que je reçois en entretien infirmier. « Monsieur (ou Madame) vous avez passé la frontière du supportable (burn-out, effondrement professionnel, comme on veut…), vous allez devoir vous arrêter avant de ne plus pouvoir vous lever de votre lit, un beau matin ». Je n’y croyais pas, pas moi, pas moi, pas moi. (...)

Un nouveau responsable de service, jeune cadre ingénieur hygiène-sécurité (méconnaissant le monde médical), un médecin référent pontifiant (ayant largement dépassé l’âge de la retraite), un mépris pour le travail des infirmières en santé au travail (pourtant spécialisation acquise par un diplôme universitaire ou une formation spécifique) ont eu raison de ma passion pour mon métier (malgré la solidarité de mes collègues infirmières, merci à elles !)

Des journées à enchainer les consultations (puisque ça rapporte), faire de la route pour être au plus près des collectivités, sans souci de confort (installée pour la journée de consultation dans des locaux sordides sur une chaise en bois par exemple) entendre les plaintes, soulager les chagrins, chercher des solutions (le plus souvent introuvables), être dans l’empathie, la bienveillance, et j’en passe. Mais non ce n’est pas le pire, le vrai pire celui qui vous plie, qui vous broie, qui vous noie, c’est le manque total de reconnaissance, de considération, d’écoute, l’absence abyssale de soutien de vos chefs. Les injonctions paradoxales, faire bien, faire mieux, faire vite, faire plus.

Et moi…… lentement….. Qui m’enfonce. (...)

Pendant le confinement j’ai « télétravaillé », avec une pression permanente pour construire et déconstruire des projets, dans le seul but de nous occuper. Dès le déconfinement, sans un seul mot de ma direction, je suis repartie sillonner les routes de mes départements « faire » de l’entretien puisqu’on avait suffisamment perdu d’argent pendant ces 2 mois.

Et j’ai craqué, un mois d’arrêt pour enchainer sur les vacances, je reprends bientôt, je dois reprendre, je vais reprendre, je peux reprendre.

J’ai lu cette définition du burn-out (pardon à l’auteur dont je n’ai pas relevé le nom) « Le burn-out est une maladie de l’âme en deuil de son idéal »

A un an de la retraite, je suis terriblement affectée de devoir faire le deuil de mon idéal.