Le blaireau, de son nom latin meles meles, appartient à la famille des mustélidés dont il est le plus gros représentant en Europe. La femelle s’appelle la blairelle et son petit est nommé blaireautin. C’est un mammifère qui a un régime omnivore : les vers de terre et les racines sont les mets les plus souvent trouvés ; mais il mange également des insectes, œufs, petits mammifères (dont le hérisson), fruits et quelques céréales.
(...) Il possède un masque facial contrasté très caractéristique et une mauvaise vue, d’ailleurs il perçoit mieux les mouvements et les contrastes. (...)
Saviez-vous que l’odorat du blaireau est son sens le plus développé (700 à 800 fois plus sensible que le nôtre !) ? C’est ce qui assure la sécurité de l’espèce. En effet, la première chose qu’il fait en sortant sa tête hors du terrier, c’est de flairer l’environnement pour déterminer si une odeur inconnue est présente ou non. (...)
Le blaireau vit dans un terrier, qu’il creuse lui-même. Ce dernier est le plus souvent situé en forêt, mais peut aussi se trouver en champs, voire en prairie. C’est un animal qui vit en clan, dans un terrier intergénérationnel. (...)
la mortalité des jeunes durant leur première année est très élevée, ce qui en fait donc un animal très peu prolifique malgré ce que l’on peut entendre dire.
Le blaireau n’hiberne pas mais dort davantage pendant l’hiver. (...)
Animal crépusculaire et nocturne, il peut parcourir jusque 10km en une nuit ! Le blaireau est connu comme étant un animal pacifique : il peut cohabiter avec renard, lapin de garenne, voire porc-épic (Italie) et chien viverrin (Russie, Japon par exemple). Cependant, il est fort probable que les espèces n’interagissent pas ou très peu dans les terriers. (...)
Apprécié des photographes et naturalistes, le blaireau n’en est pas moins un animal très persécuté. En France, du 15 septembre au 15 janvier, il se pratique un mode de chasse très cruel nommé la vénerie sous terre ou déterrage. Cette pratique consiste à lâcher un ou plusieurs chiens (teckels, fox terrier, etc.) dressés pour ce type de chasse, directement dans les terriers. Le chien va poursuivre l’animal à l’intérieur du terrier en aboyant, pour enfin l’acculer à un endroit, et c’est à ce moment où les chasseurs vont se positionner pour creuser. Le blaireau est enfin capturé à l’aide d’une pince à mâchoire, tiré à la carabine et donné aux chiens en curée. Parfois relâché et donné vivant aux chiens, avec tous les dommages que cela engendre aussi bien pour le blaireau que pour le ou les chiens. A cette chasse, nous pouvons ajouter d’autres méthodes pour exterminer cet animal : l’empoisonnement, le gazage, le piégeage (collet) ou encore le braconnage. Le blaireau n’est pas très bien vu des éleveurs, ces derniers craignant la transmission de la tuberculose bovine au bétail (ce qui pourtant est chose rare). Malheureusement, il est aussi très concerné par la mortalité routière (collisions).
Mais pourtant, ce petit animal à l’allure d’ours, si pacifique et discret, qu’a-t-il fait de mal pour mériter tant d’atrocités ? C’est une question sans réponse, et c’est pourquoi de plus en plus d’associations œuvrent pour tenter de le protéger, telles que l’ASPAS, MELES, le collectif RENARD BLAIREAU ou encore BADGERTRUST (en Angleterre). Malheureusement, la route est longue pour arriver à redorer l’image de cet animal. (...) le blaireau étant toujours considéré comme un « nuisible » dans la tête des gens (...)