La grave sécheresse qui sévit en Éthiopie a fait les gros titres. Le nord de la Somalie a pourtant également été touché, et c’est une région bien moins à même de faire face.
Quelque 385 000 personnes sont déjà aux prises avec une crise alimentaire dans l’État autoproclamé indépendant du Somaliland et la région semi-autonome du Puntland, plus à l’est.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, OCHA, estime qu’environ 1,7 million de personnes - soit 40 pour cent des 4,6 millions de personnes peuplant la région - ont besoin d’une assistance humanitaire et d’un renforcement de leurs moyens de subsistance.
« Faute d’aide, 1,3 million d’entre elles risquent de sombrer dans une insécurité alimentaire aiguë », a-t-il prévenu.
Ali Sheik Omar Qabil, le directeur du département Santé familiale du ministère de la Santé, a dit à IRIN que plus de 650 000 personnes étaient touchées par la sécheresse liée au phénomène El Niño au Somaliland, et que la situation était particulièrement critique à l’ouest du territoire. « Les populations souffrent de la faim, de maladies et de taux élevés de malnutrition », a-t-il dit.
Bien que le nombre total de personnes dans le besoin en Éthiopie voisine soit nettement plus important - on estime à 16 millions le nombre de personnes susceptibles d’être affectées par la sécheresse d’ici le milieu de l’année, sur une population de près de 100 millions d’habitants - la Somalie est un pays nettement plus pauvre, doté d’un gouvernement moins efficace et d’un accès humanitaire bien plus restreint. (...)
« Lorsqu’ils ont perdu tous leurs animaux, les populations quittent la plaine du Guban en direction [des monts] Ogo, vers le sud », a dit Muhumed Abdi, du village de Gerisa, dans la région de Selel. « Ils laissent derrière eux tout ce qui meurt - qu’il s’agisse d’êtres humains ou d’animaux. » (...)