Les sénateurs s’attaquent à plusieurs « lignes rouges » fixées par les députés, notamment l’interdiction progressive de la faune sauvage dans les cirques.
C’est un texte largement remanié – voire, selon certains, vidé de sa substance – qui est discuté au Sénat, jeudi 30 septembre et vendredi 1er octobre. Huit mois après son adoption fin janvier, à la quasi-unanimité de l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à lutter contre les maltraitances animales est examinée au Sénat. Ce texte, qui était porté par des députés de la majorité avec le soutien du gouvernement, entendait faire progresser la condition animale en France sur plusieurs aspects.
Dans sa version adoptée par l’Assemblée, il vise à améliorer le sort des animaux de compagnie en prévenant les achats impulsifs, à alourdir les peines pour actes de cruauté commis contre les animaux et à interdire les représentations d’animaux sauvages dans les cirques itinérants et les delphinariums. Malgré l’absence de mesures concernant l’élevage, la chasse et la corrida, ces propositions avaient largement été saluées par les associations de protection animale. (...)
Exit l’interdiction générale des animaux sauvages dans les cirques itinérants, place à un comité spécialisé sous la houlette du ministère de la transition écologique qui formulerait une liste d’animaux interdits, édictée par arrêté. Exit l’interdiction des spectacles de dauphins et d’orques dans les delphinariums : « Si on allait dans ce sens et qu’on interdisait leur reproduction, on se soustrairait d’office des programmes de recherche européens », défend la sénatrice. Exit, enfin, l’interdiction de vente en animalerie pour prévenir les achats d’impulsion – « Les acquisitions se reporteraient sur Internet, il vaut mieux encadrer la vente en magasin » –, et l’obligation pour les maires de stériliser les chats errants – « Le coût est trop important pour les maires, il doit être supporté par l’Etat. » (...)