Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
cadtm
Le FMI n’a tiré aucune leçon des révolutions arabes selon un ancien analyste de la Banque mondiale.
Article mis en ligne le 15 février 2016
dernière modification le 12 février 2016

(...) Cette étude est motivée par l’évolution affichée du FMI depuis la crise financière de 2008.

À partir de la crise de la dette mexicaine de 1982, le FMI a joué au niveau mondial le rôle principal dans la libéralisation agressive du commerce et de l’investissement, et a imposé des politiques restrictives à travers notamment l’austérité et l’impôt régressif, qui ont eu des conséquences négatives sur la croissance, l’emploi et les inégalités. Après la crise de 2008, le FMI a affiché une révision de sa stratégie et annoncé une plus grande flexibilité dans les prêts qu’il accorderait.

Les soulèvements arabes de 2011 ont été l’occasion pour le FMI de confirmer ce changement de discours, puisque les rapports de l’organisation sur les pays arabes n’ont cessé de souligner l’importance de politiques permettant une croissance inclusive. Quelques années après le « Printemps arabe », Mohammed Mossallem évalue ce soi-disant changement d’attitude de la part du FMI. En effet, depuis 2011 le FMI a signé des accords de prêt avec le Maroc, la Jordanie, le Yémen et la Tunisie, et a négocié par deux fois un prêt avec l’Egypte sans parvenir à un accord. (...)

À travers une étude des cas tunisien, marocain, jordanien et égyptien (avec pour chaque pays une approche comparative entre les politiques du FMI avant et après 2011), ce rapport démontre qu’en pratique les politiques de l’institution dirigée aujourd’hui par Christine Lagarde n’ont pas changé dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Au contraire, ces politiques se concentrent encore notamment sur

 1) l’austérité budgétaire et la réduction des subventions sur les biens de consommation,

 2) les privatisations agressives et la libéralisation du commerce et de l’investissement,

 3) un modèle de croissance basé sur les exportations, au détriment d’un modèle basé sur un fort taux d’emploi. (...)