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Le FMI continue à imposer ses réformes catastrophiques au Maroc
Article mis en ligne le 18 février 2017
dernière modification le 15 février 2017

Une délégation du FMI a visité le Maroc entre le 16 novembre et le 1er décembre 2016 pour superviser l’application des recommandations qui ont conditionné l’octroi, en juillet 2016, de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) |1|. Suite à cette visite, la mission du FMI a publié un communiqué de presse |2| avec des conclusions préliminaires.

Le texte note que « le chômage, surtout celui des jeunes, reste élevé » et que la croissance de l’économie marocaine en 2016 a ralenti (croissance du PIB entre 1,5 et 2 % en 2016). Cette situation rend « nécessaire », selon le FMI, « l’accélération » des réformes structurelles. Parmi lesquelles :

1- Améliorer le climat des affaires. Le FMI appelle à plus d’exonérations fiscales et plus de flexibilité du travail. (...) le gouvernement est décidé à aller dans le sens du FMI. Un projet de loi sur le droit de grève a été présenté au conseil de gouvernement en juin 2016. Ce texte de loi signe la fin du droit de grève pour la classe ouvrière. Pour le FMI, attirer les investisseurs passe par une accentuation de l’exploitation des travailleurs, donc geler les salaires, faciliter les licenciements et mettre fin au droit syndical. C’est-à-dire, garantir les profits pour les capitalistes en réduisant la part des salaires dans la valeur ajoutée globale.

En ce qui concerne les incitations fiscales, le projet de la Loi des Finances de 2017 contient plusieurs dispositions en faveur des grands investisseurs, notamment les sociétés industrielles nouvellement créées qui bénéficieront d’une exonération d’impôt sur les bénéfices pour une durée de 5 ans, les sociétés de transport aérien qui bénéficieront d’une exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée TVA, et les exploitations agricoles qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de DH qui seront totalement exonérées. (...)

2- Réduire la dépense publique. La mission du FMI a salué la dernière « réforme du régime des retraites » ainsi que « les améliorations dans les finances publiques contenues dans la loi des finances de 2017 ». Il s’agit en fait de mesures qui visent à baisser les dépenses du personnel de l’État par la réduction des dépenses de retraite, le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, en plus de l’accentuation de l’exploitation des fonctionnaires et la généralisation des contrats à durée déterminée (CDD). (...)

3- Ouvrir davantage les services publics à l’investissement capitaliste. (...)

4- Poursuivre la libéralisation du secteur financier et du régime de change. « Nous soutenons l’intention des autorités marocaines d’entamer une transition graduelle vers un régime de taux de change plus flexible et un cadre de ciblage d’inflation. Un tel régime favorisera l’intégration à l’économie mondiale en préservant la compétitivité et en renforçant la capacité d’absorption des chocs extérieurs. (...)

En réalité, le FMI omet de signaler que le coût de la dette est supporté par les classes populaires, alors que les grandes fortunes s’enrichissent de ces prêts, surtout que la dette publique intérieure représente 63 % de l’encours total de la dette en 2015 (509 milliards de dirhams). Autre fait à noter, la dette publique connait une tendance haussière depuis des années, surtout avec la crise de notre économie dépendante des puissances occidentales en crise elles aussi, notamment les grands pays de l’Union européenne. (...)