
Le Brésil compte 203,5 millions d’habitants sur l’année 2019. Plus de la moitié d’entre eux assuraient être des lecteurs en 2015. Un chiffre qui vient de descendre sous la barre des 50 % en 2019, alors que la population est passée à 209,8 millions.
à l’exception de la tranche de 5/10 ans, où le pourcentage a augmenté de 62 à 66 % sur la période, les Brésiliens lisent résolument moins.
Plus préoccupant encore, cette chute s’enregistre principalement chez les 14/17 ans et les 18/24 ans. On la retrouve également dans les classes sociales supérieures, mais également auprès de ceux qui ont accompli des études universitaires.
Chez eux, la diminution est la plus importante : de 82 % en 2015, ils passent à 68 % l’an dernier, indique l’agence de presse brésilienne.
Évidemment, la crise économique que traverse le pays est la première cause pointée : en 2015 et 2016, une forte récession a frappé les habitants, qui consacrent aussi plus de leur temps à internet et aux réseaux sociaux.
La coordinatrice de l’étude, Zoara Failla, souligne que la crise a rendu l’accès au livre difficile, tant pour l’achat d’ouvrages que pour le prêt en bibliothèque. Et si l’on ajoute que le pays réfléchit actuellement à l’instauration d’une TVA de 12 % pour les livres — qui en étaient jusqu’à lors exemptés — la situation n’ira pas en s’améliorant. (...)
Côté réseaux, c’est principalement WhatsApp qui mobilise l’attention des Brésiliens — lesquels affirment à 82 % manquer de temps pour lire. Paradoxe, comme toujours. En 2015, ils étaient 43 % à utiliser cette messagerie, contre 62 % quatre ans plus tard.
La première version de l’étude, menée en 2007, avait posé pour base qu’était lecteur tout citoyen d’au moins 5 ans, qui avait lu tout ou partie d’un livre dans les trois mois précédents le sondage.
Ainsi, on retrouvera une donnée classique : le lecteur est en réalité une lectrice, à 54 %, mais l’écart entre hommes et femmes tendrait à se réduire. Par ailleurs, même si le nombre de lecteurs diminue, le nombre de livres lus évolue sensiblement : 2,54 en 2015 contre 2,6 en 2019.
De même, 1,06 livre était lu en entier voilà quatre ans, contre 1,05 l’an dernier — quand les livres entamés, mais jamais finis augmentent : 1,55 en 2019, versus 1,47 en 2015. (...)