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Futura-Sciences
La toxoplasmose modifie en profondeur le jeu du chat et de la souris
Article mis en ligne le 2 octobre 2013
dernière modification le 24 septembre 2013

On savait que le parasite responsable de la toxoplasmose altérait le comportement des souris au point de supprimer chez elles leur peur instinctive des chats. Une nouvelle étude vient de montrer que même une fois le pathogène éliminé de l’organisme, les rongeurs ne sont plus effrayés par leurs prédateurs naturels. Des résultats qui plaident pour une modification plus profonde du cerveau par le parasite, et qui pourrait nous pousser à revoir le rapport qu’il entretient avec la schizophrénie.

La manipulation mentale existait bien avant les romans de science-fiction. La présence de parasites dans un organisme peut modifier en profondeur les comportements de l’hôte. Ainsi, des gammares (ou puces de mer) se mettent à remonter vers la lumière et donc à la portée des oiseaux qui les mangent lorsqu’ils sont parasités par un ver, puis en profitent pour atteindre leur hôte. Idem pour les sauterelles et les grillons qui entreprennent subitement de se jeter à l’eau et de s’y noyer, sous la contrainte, pour permettre à leur parasite de nager jusqu’à sa prochaine cible.

Les mammifères ne sont pas épargnés. Le parasite à l’origine de la toxoplasmose en est l’exemple le plus célèbre. (...)

Les souris guéries de la toxoplasmose aiment toujours les chats (...)

Dans les trois semaines suivant l’infection, les animaux ne manifestaient plus aucune crainte lorsqu’exposés à l’urine de chats, au contraire, alors qu’ils restaient indifférents à l’urine de lapin. Le micro-organisme n’a donc pas besoin de former des kystes pour manipuler le comportement. Mais l’expérience réserve une surprise de taille. Alors que le parasite restait indétectable aux tests les plus sensibles depuis quatre mois dans le cerveau des souris, les rongeurs manifestaient toujours leur attirance pour l’odeur d’urine de chat. (...)