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La taxe sur les transactions financières est indispensable pour le climat, mais la France traine les pieds
Article mis en ligne le 12 mai 2015

Avancer, enfin, sur le projet de taxe sur les transactions financières. Tel est l’objectif de onze ministres des Finances européens, réunis ces 11 et 12 mai à Bruxelles. Mais la position de la France reste ambiguë. Pourtant, cette taxe permettrait de financer la lutte contre le changement climatique.

Après des années d’atermoiements, le dénouement approche. Les onze ministres des Finance européens volontaires, parmi lesquels ceux de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, se réunissent les 11 et 12 mai à Bruxelles en marge du conseil Ecofin, pour avancer sur le dossier de la taxe sur les transactions financières (TTF).

Mais la France doit encore clarifier sa position. La taxe sur les transactions financières européenne était une promesse du candidat François Hollande en 2012. Pourtant, en novembre 2014, Michel Sapin plaide dans le quotidien Les Échos pour une taxe qui s’appliquerait uniquement aux actions cotées et à certains credit default swaps (CDS), et qui épargnerait les produits dérivés.

Ceci alors que les autres pays européens, en particulier l’Allemagne et l’Autriche, promeuvent une taxe globale. « Certains pourront regretter que nous ne taxions pas dès le départ la totalité des transactions », admet seulement le ministre des Finances français, du bout des lèvres.

Le gouvernement français cède aux banques (...)

l’adoption d’une TTF ambitieuse est un enjeu majeur pour la réussite de la conférence de Paris sur le climat. En effet, pour parvenir à un accord, les pays développés doivent donner des garanties qu’ils tiendront leur promesse d’aider financièrement les pays en développement, à hauteur de cent milliards de dollars par an dès 2020. La TTF doit permettre d’amasser suffisamment d’argent pour rassurer les pays du Sud sur ce point. (...)

Mais « le gouvernement est pris entre deux feux et tient un double discours », relève Dominique Plihon. Pour Pascal Canfin, il reste « encore un peu de chemin avant que la France soutienne une taxe qui permette de lever au moins dix milliards ».

Le ministère des Finances n’a pour l’heure pas donné suite à nos questions. Lundi à 20 h, rien n’avait encore filtré de la réunion à Bruxelles des ministres des Finances. (...)