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La Syrie lance une offensive sur Alep, nouvel échec de la diplomatie mondiale
Article mis en ligne le 23 septembre 2016

L’armée syrienne a lancé jeudi soir une offensive majeure contre la partie rebelle de la ville d’Alep (nord), soumise cette semaine à un déluge de feu, sans que la communauté internationale réussisse à imposer une trêve des combats.

Alep est un objectif stratégique crucial dans la guerre qui ravage la Syrie depuis plus de cinq ans et le régime veut reconquérir le secteur oriental de l’ancienne capitale économique, qui lui échappe depuis 2012.

L’annonce de cette offensive militaire a coïncidé avec une réunion internationale à New York visant à rétablir un cessez-le-feu imposé par un accord à Genève le 9 septembre entre Moscou et Washington, mais qui a volé en éclats lundi.

"La question dorénavant est de savoir s’il reste une véritable chance d’avancer parce qu’il est clair que nous ne pouvons pas continuer plus longtemps sur cette voie", a reconnu le secrétaire d’Etat américain John Kerry, concédant l’échec de la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS).

Ce groupe, qui comprend une vingtaine de pays et organisations internationales impliqués dans le conflit, est co-présidé depuis l’automne 2015 par la Russie et les Etats-Unis et se réunissait pour la deuxième fois cette semaine dans un palace new-yorkais.

"Le seul moyen (d’avancer) est que ceux qui ont la force aérienne dans ce conflit cessent de l’utiliser", a martelé M. Kerry, en référence aux aviations de Damas et de son allié russe.

"Nous exigeons que l’aviation syrienne reste clouée au sol. Et la réponse des Russes n’est pas satisfaisante", a renchéri son homologue français Jean-Marc Ayrault, fustigeant un "régime qui continue en dépit de tout respect de la loi internationale de massacrer son peuple".

C’était une réunion "longue, douloureuse et décevante", a déploré l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura.

John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov, dont les relations se sont crispées cette semaine lors de l’Assemblée générale de l’ONU, sont cependant convenus de discuter encore vendredi.

 Alep sous les bombes -

Mais la tragédie sur le terrain laisse mal augurer d’une reprise de la diplomatie, la guerre ayant fait plus de 300.000 morts depuis 2011 et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale. (...)

Dans un appel sans précédent, l’ONU a imploré jeudi le président syrien Bachar al-Assad de lui permettre de distribuer l’aide alimentaire dans 40 camions bloqués à la frontière turco-syrienne, soulignant qu’elle serait périmée lundi. "S’il vous plaît, président Assad, faites ce que vous avez à faire pour nous permettre d’accéder à l’est d’Alep et aussi aux autres zones assiégées", a lancé Jan Egeland, un cadre de l’ONU pour l’aide humanitaire.

En dépit des violences, l’ONU a dépêché jeudi un convoi humanitaire vers une zone rebelle assiégée dans la périphérie de Damas.

Cet acheminement intervient trois jours après le bombardement d’un convoi humanitaire près d’Alep, qui a fait 20 morts, soulevé un tollé international et envenimé les relations Moscou-Washington. (...)