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La Suisse, une plaque tournante du charbon avec 245 sociétés actives
#charbon #suisse
Article mis en ligne le 8 novembre 2022

Quelque 40% du commerce mondial de charbon est négocié depuis le sol helvétique, selon un rapport de Public Eye à paraître lundi, en marge de l’ouverture de la COP27. L’ONG dénonce le laxisme des autorités et des banques, qui financent ces entreprises. Les banques affirment réduire massivement leurs investissements.

Le charbon, source d’énergie d’un autre siècle ? Pas vraiment. Selon le rapport de Public Eye que la RTS a pu dévoiler dimanche soir, le charbon est revenu en force en 2022 dans le monde, porté par la guerre en Ukraine, la sortie de la pandémie et les turbulences sur les marchés de l’énergie.

Cette année, la production de charbon devrait dépasser les 8 milliards de tonnes au niveau mondial, un record absolu, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le combustible, qui est produit essentiellement en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, ne touche quasiment jamais le sol suisse. Pourtant, "ce sont bien des sociétés suisses qui gèrent le 40% du commerce mondial, faisant de notre pays une véritable plaque tournante de cette source d’énergie fossile la plus néfaste pour le climat", affirme Adrià Budry Carbó, coauteur du rapport, dimanche dans le 19h30.

Selon le décompte de l’ONG, la Suisse compte aujourd’hui 245 sociétés actives dans le négoce et l’extraction du charbon. Ces entreprises sont installées principalement à Genève (78), au Tessin (55) et à Zoug (54). Les 58 entreprises restantes sont réparties sur l’ensemble du pays.

(...) Credit Suisse reconnaît sa part de responsabilité et "reconnaît que les flux financiers doivent être mis en conformité avec les objectifs définis dans l’Accord de Paris".

La deuxième banque de Suisse dit s’être engagée publiquement à réduire les émissions financées dans le pétrole, le gaz et le charbon de 49% d’ici 2030 et de 97% d’ici 2050. (...)

Plus de transparence exigée à Berne

A Berne, on est conscient des risques financiers et de réputation liés aux émissions de gaz à effet de serre. Selon des informations de la RTS, le Département fédéral des finances va prochainement demander aux multinationales de publier l’empreinte carbone générée par leurs activités, ainsi que le risque financier qu’elles peuvent engendrer.

Si l’ordonnance du Conseil fédéral entre en vigueur, les entreprises devront rendre compte des risques climatiques et de leur impact à partir de 2024. (...)

Pour Adrià Budry Carbó, il s’agirait certes d’un pas en avant, mais insuffisant : "Avoir l’information, c’est bien, mais qu’est-ce qu’on en fait ? Ce qu’il faut actuellement, ce sont des mesures contraignantes pour pousser ces entreprises à sortir réellement du charbon. Les entreprises doivent se doter dès à présent d’un plan clair de sortie d’ici à 2030. Elles doivent être aidées par un cadre réglementaire strict, mais aussi par les banques, qui doivent cesser réellement de financer les entreprises actives dans le charbon."