Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France Culture
La France en 2050 : s’adapter pour survivre au climat
Article mis en ligne le 17 juin 2022

Sécheresses, canicules, incendies... D’ici à 2050 la France va subir de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Les sénateurs Ronan Dantec et Jean-Yves Roux ont récemment remis au gouvernement un rapport sur la nécessité d’adapter dès à présent les infrastructures du pays.

"Le proche avenir du pays, d’ici à 2050, est pour l’essentiel déjà écrit", précise le rapport remis mardi 11 juin 2019 aux ministres de la transition écologique et solidaire de l’agriculture. Sécheresses sévères, submersions côtières, forte hausse du risque d’incendie, assèchement des nappes phréatiques... Les sénateurs Ronan Dantec (écologiste, Loire-Atlantique) et Jean-Yves Roux (divers gauche, Alpes-de-Haute-Provence) ont listé les conséquences du "choc climatique inévitable" qui se profile à l’horizon 2050 et ont dressé un simple constat : la France n’est pas prête à les affronter. (...)

Santé, risques naturels, économie : des conséquences réelles et multiples

D’ici à 2050, le température va augmenter de 2° C, et il est trop tard pour l’empêcher. Le rapport insiste fortement sur ce point, notamment en citant le climatologue Hervé Le Treut : "Sur le plan climatique, les vingt à trente prochaines années sont déjà écrites dans leurs grandes lignes". Longtemps considérées comme ayant des faux airs de Cassandre, les annonces de réchauffement climatique, selon le rapport, sont désormais très concrètes, chiffres à l’appui. (...)

Le risque sanitaire

Sur le plan sanitaire, le rapport rappelle les conséquences désastreuses des dernières canicules en France métropolitaine, la dernière en date, en 2018, ayant fait près de 1600 morts. Mais il souligne également d’autres impacts sanitaires, moins évidents : l’élévation de la température aura ainsi pour conséquence une augmentation des problèmes de santé liés à la pollution, des allergies, et facilitera la prolifération des maladies (notamment via des vecteurs comme les moustiques) ainsi que des algues (cyanobactéries) responsables de la contamination les eaux potables et organismes marins.

En janvier 2019, l’émission La Méthode scientifique, à l’occasion de débats organisés à La Sorbonne lors d’une journée intitulée La planète se réchauffe… Comment on s’y prépare, avait déjà soulevé ce problème : (...)

En Europe nous allons avoir une multiplication par 50 du nombre de victimes liés à des catastrophes climatiques extrêmes. Si nous ne faisons rien pour limiter l’ampleur du changement climatique, nous irons encore vers des catastrophes bien supérieures qui remettront en cause la durabilité de l’ensemble des sociétés dans le monde. [...] La grande question que nous avons devant nous c’est comment rendre compatible l’adaptation et l’atténuation, et éviter des scénarios dans lesquels on s’adapte mais on renforce les problèmes ! (...)

2050, et après ?

Mais à en croire les rapports du GIEC, la France devrait connaître des catastrophes climatiques plus importantes encore après l’horizon 2050. Par le passé, l’espèce humaine a déjà eu à s’adapter à des épisodes climatiques extrêmes, notamment à plusieurs épisodes climatiques de refroidissement, entre 1303 et 1860. En janvier 1709, par exemple, il fait -16,3 degrés à Paris et il s’agit alors de faire preuve de résilience, comme le raconte Saint-Simon dans ses mémoires (...)

Au XXIe siècle, les efforts ont jusqu’ici surtout été mis sur l’atténuation des effets climatiques. "C’était rationnel dès lors qu’une mobilisation forte sur l’atténuation pouvait dispenser d’un effort sur l’adaptation, précise le rapport. Cela traduisait également la crainte qu’une politique favorable à l’adaptation se fasse au détriment des nécessaires efforts d’atténuation". Dans La Méthode scientifique, le professeur au Collège de France, Chaire de Chimie des processus biologiques, et membre de l’Académie des sciences Marc Fontecave rappelait que l’enjeu consiste à : "rendre compte à la fois de l’adaptation et de l’atténuation, et d’éviter de tendre vers des scénarios dans lesquels on s’adapte mais on amplifie les problèmes".

Le rapport ne se prive pourtant pas d’afficher un certain pessimisme, faisant remarquer qu’au rythme actuel, la France sera "conduite dans une situation alarmante vers 2080, dans un contexte de crise internationale difficile à anticiper" (...)

Il est en effet désormais peu probable qu’il soit possible de limiter à 2° le réchauffement global. C’est ce qu’indique le dernier rapport du GIEC, même si c’est en termes diplomatiques. Limiter le réchauffement sous le seuil des 2° serait encore possible à condition de renforcer immédiatement et drastiquement les politiques de réduction des émissions de CO2 au niveau international et de mettre en oeuvre massivement des solutions de stockage du carbone qui n’existent pas encore. Or, rien de tel ne s’observe. (...)