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Marie-Claude Saliceti
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L’insatiable appétit de sable des plages new-yorkaises
Article mis en ligne le 11 novembre 2021
dernière modification le 10 novembre 2021

Le gouvernent américain dépense des fortunes pour renflouer les très chic plages des Hamptons.

Au début du mois de juillet dernier, des files de camions ont afflué vers la plage de Ditch Plains Beach, l’un des meilleurs spots de surf de la côte atlantique sur la très chic côte des Hamptons, située sur la péninsule de Long Island à New York.

Durant trois jours, des bennes ont déchargé des milliers de tonnes de sable frais le long du front de mer, avant l’arrivée massive des touristes et des surfeurs. C’était l’une des nombreuses livraisons de sable destinées à renflouer les plages de la ville, régulièrement emportées par les courants marins et les tempêtes.

Les trois prochaines années, le gouvernement fédéral va ainsi dépenser 1,5 milliard de dollars pour restaurer les 130 kilomètres de plage de Long Island, relate Bloomberg dans une longue enquête qui décrit l’appétit insatiable en sable des plages des Hamptons.

La montée du niveau des eaux, les ouragans et l’érosion du littoral font craindre à de nombreux résidents de voir leurs maisons achetées à grands frais se faire engloutir par la mer. Bien que certaines maisons à plus d’un million de dollars ne soient occupées que quelques jours dans l’année, les autorités ne lésinent pas sur l’argent public pour leur venir en aide.

Au cours du siècle dernier, New York a reçu 110 millions de mètres cubes de sable, soit 8% du total national, à destination de ses plages (...)

Pour de nombreux spécialistes, cet argent est pourtant dépensé en pure perte. (...)

La quantité de sable ne sera jamais suffisante, acquiesce Alison Branco, directrice côtière de la Nature Conservancy à New York. « Dès que vous déposez le sable, il commence à se déplacer. Une tempête soudaine en une seule journée peut annuler le travail acharné d’un travail de dragage de plusieurs millions de dollars. »

Avant de se résoudre à renflouer les plages des Hamptons avec des camions benne, le gouvernement a bien envisagé de racheter les maisons les plus menacées. Mais, aux prix où culminent l’immobilier dans le coin, il a dû abandonner l’idée.

À Montauk, tout au bout de la péninsule des Hamptons, les responsables locaux ont tenté désespérément de convaincre les propriétaires de partir, mais aucun n’a fait ses valises. (...)